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souvenirs et anecdotes

Vendredi 3 mai 2013 5 03 /05 /Mai /2013 20:01

 

Slideshow_1.jpg

Plantons le décor: début décembre, région périphérique de Suisse Romande.

Je suis de garde Smur (pour ceux qui n'ont pas tout suivi sur mon blog: je travaille aux soins Intensifs (=réa en France) comme infirmière spécialisée et j'ai le bip Smur sur moi quand je suis de garde, donc j'abandonne mon ou mes patient(s) à me collègues pour rejoindre ma petite voiture jaune et amener le médecin sur le site ) et c'est le premier jour de ma doctoresse ( concernant le "mon" et "ma" docteur/doctoresse, je vous renvoie à l'excellent article de DocAdrénaline JR & les croquettes, elle explique tout bien mieux que je ne pourrais le faire!).

On commence à travailler, chacune de notre côté, quand tout à coup "Bipbip-bipbip!" : le message sur le Bip nous dit "Inconscient sur accident, usine de biscuit, Villageagricole ". Course dans les couloirs de l'hôpital, nous nous retrouvons au vestiaire (charmant lieu pour faire connaissance, comme nous devons nous changer pour sortir nous échangeons prénoms et salutations en enfilant pantalons et chaussures de sécurité...)

Nous partons donc à une trentaine de kilomètres de notre base pour aller "sauver" une vie. Le médecin-chef en anesthésie est présent, il vient "coacher" Anna (la dite doctoresse, assistante interne en anesthésiologie) pour son premier jour.

En arrivant, spectacle un peu (mais pas trop ) navrant: le blessé respire tout seul, mais est insconscient. Il a probablement reçu une poutraison sur la tête. Intubé, ventilé  (à la main, nous n'avons pas de respirateur de transport dans notre véhicule) il est transporté par l'hélicoptère pour le CHU le plus proche.

Dans l'équipage de l'hélico, hasard qui fait bien les choses, une ancienne assistante d'anesthésiologie de chez nous, qui est maintenant à la GrandeVilleUniversitaire , coachée par SuperMédecinChefDHélico.

 

Retour à l'hôpital, dans la voiture nous débriefons un peu, papotons un peu aussi (mais pas trop, médecin-chef est là...)

 

Quelques heures passent, nous sommes à nouveau appelées, puis annulées.

 

Fin de journée, à nouveau un appel pour VillageAgricole (si si si! le même qu'en début de journée!), pour inconsciente, ACR, massage par son époux. Même village, même équipage.

Argh... ça ne sent pas très bon... On arrive, les ambulanciers sont déjà sur place, ils ont juste eu le temps de poser les patchs de défibrillation avant notre arrivée.

Le relais-massage cardiaque a été pris par les ambulanciers, je prépare les médicaments d'urgence, les ordres fusent, le scope montre une fibrillation ventriculaire ( pour ceux qui n'ont pas l'habitude, c'est pas très bon comme rythme...), la patiente est choquée (non pas surprise, mais elle reçoit un choc électrique pour relancer son coeur), les médicaments sont passés, elle est intubée... toujours massée, reprise d'un rythme finalement... combien de temps est-elle restée sans être massée efficacement? difficile à estimer, mais probablement le temps que les ambulanciers arrivent, l'époux n'étant pas très à l'aise avec ces gestes, malgré le "coaching" en temps réel de la centrale du 144 (numéro d'urgences médicales en Suisse, les régulateurs du 144 sont formés à guider ceux qui les appellent dans les gestes de réanimation).

Voici donc pour la deuxième fois de la journée l'hélicoptère de la GrandeVilleUniversitaire qui arrive, le même équipage, les mêmes personnes en face, le même village... la patiente est transférée au CHU, mais ne survivra pas à son arrêt cardiaque, hélas.

Les mois passent. Anna a de moins en moins de coaching, à part quand les médecins-chefs ont envie de sortir de l'hôpital.

Nous faisons des sorties intéressantes, sordides, rigolotes... bref, nous apprenons à nous connaîte, à travailler ensemble, nous formons une chouette équipe avec les ambulanciers...

 

Puis, après 17 mois passés parmi nous, voici Anna qui entame ses dernières gardes dans l'hôpital. A la fin du mois, elle partira pour le CHU pour perfectionner ses connaissances en anesthésiologie. Elle espère pouvoir bientôt rejoindre l'équipage de l'hélicoptère.

 

Dernière nuit de garde, par hasard, avec moi à nouveau. La veille, nous parlions Methergin (médicament à donner en cas d'hémorragie post-partum, c'est à dire juste après l'accouchement), nous rigolions (jaune) avec les sages-femmes de l'hôpital en s'instruisant des protocoles à suivre en cas de problèmes sur accouchement.

 

Puis, alors que je contrôlais ma voiture jaune bien-aimée, j'entends le dialogue radio entre le 144 et SiropFruité 23 (nom de code (fictif) des ambulances de ma région):

144: "SiropFuité23, vous êtes où? répondez

SF23: "Nous approchons du site, pourquoi, répondez"

144: " Faites au plus vite un bilan et regardez s'il faut médicaliser, qu'on vous envoie un Smur au plus vite; répondez"

SF23:" Bien compris"

...

...

...

Les minutes passent, sachant que SiropFruité23, c'est mon secteur, je reste proche du vestiaire. Je sens qu'on va vite être appelées pour une sortie.

 

SF23:" A 144, les douleurs abdominales sont importantes, saignements abondants, demandons refort médicalisé"

 

Je saute dans ma tenue, je dégaine clefs de voiture, ouvre la porte du garage.

Anna est tout de suite là aussi, on entre les données dans le GPS et on est parties pour la PetiteVille.

Anna m'explique qu'elle discutait avec une sage-femme quand le bip a sonné, la sage-femme lui racontait le téléphone d'une femme enceinte de 21 semaines qui avait des douleurs importantes, qui saignait et qui était seule à domicile.

Je lui raconte ce que j'ai entendu du dialogue radio et, pendant les 10 mn du trajet, ma doctoresse a pris contact avec la sage-femme, qui lui donne conseils et attitude à avoir.

Quand nous arrivons, la dame est sur le point d'être mise dans l'ambulance, je prépare les médicaments de la délivrance, je sors la Methergin (éh oui, souvenirs de la veille)  et nous partons pour l'hôpital... Malheureusement le bébé est arrivé, trop vite pour être viable.

 

Un peu groggies à l'arrivée, nous discutons du cas, du comment, du pourquoi... discussion vaine s'il en est, nous ne pouvions pas faire grand'chose...

 

Puis, nous nous resaurons un petit peu, un des médecins-chefs qui avait fait un apéro  nous avait laissé biscuits, viande séchée et autres fromages.

Et voici que le bip retentit à nouveau!

"Dyspnée à MoyenneVille"

Bon, nous nous changeons, nous partons, et...

 

Rue piétonne du centre-ville, l'ambulance est là, un homme d'une soixantaine d'années dans icelle.

Cet homme passe de l'agressivité aux larmes, de la douleur à la colère.

Difficile de faire une anamnèse.

Mais il se plaint de douleurs subites à la poitrine. Il a une foetor OH (une odeur d'alcoolisation) très prononcé, mais en même temps, ses mots sont précis...

Mais en même temps il ne veut pas avoir de perfusion, puis il pleure et nous dit que c'est pas nos affaires s'il a bu un verre, voire plus...

Et oui, il fume, mais il nous em... avec nos questions, de toute façon, il est assez grand pour faire ce qu'il veut!

Nous négocions la pose de voie veineuse, ouf, c'est fait!

Ma doc me regarde et me demande de faire un ECG 12 pistes (un peu comme à l'hôpital, même s'il est de moins bonne qualité)... oh oh oh!

Des ondes de Pardee qui se manifestent, cet homme est en train de faire un infarctus!

Le tracé de l'ECG est photographié, envoyé au CHU, ma doc prend contact avec le cardiologue du centre hospitalier Universitaire et la décision est prise, il faut l'emmener au CHU.

J'ai le temps de sortir de ma trousse de médicaments le nécessaire et voici doc, patient et ambulanciers partis pour le CHU.

Moi je suis tranquillement, en respectant les règles de la circulation civile... ici, le Smur n'ouvre pas la route aux ambulances, il les suit... et accélère si besoin est...

 

Arrivée au CHU, je vois le patient pris en charge par l'équipe de cardiologie, ma doctoresse fatiguée...

et nous rentrons à moyenneVille...

 

Dure première journée, dernière nuit pas évidente... et entre deux, une collaboration efficace et sympathique.

Tu vas me manquer, Anna!

Par heidi70 - Publié dans : souvenirs et anecdotes - Communauté : Infirmières !!!
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Jeudi 18 avril 2013 4 18 /04 /Avr /2013 16:07

couteau_suisse.jpg

Que n'entendons-nous pas, nous autres soignant(e)s cette expression : "Mais quel beau métier vous faites!"

c'est vrai, on fait un chouette métier... si, si, si... malgré le nombre de fois où nous allons mettre/enlever le vase1 à un patient alité, et faire les soins basiques de nettoyage/lotionnage/préventionnage d'escarre; malgré la fatigue d'avoir à répéter mille douze fois :"Non, vous ne pouvez pas (encore) vous lever, votre coeur n'est pas assez en forme2, restez dans votre lit", malgré l'impuissance qui nous envahit quand nous ne savons plus quoi faire pour aider/soulager/encourager/désangoisser nos patients et/ou leur famille.

Mais notre métier ne s'arrête pas là!

Nous sommes aussi:

  • mécaniciennes (quand j'étais élève-infirmière au CHU, je passais mon temps sous les lits pour régler les problèmes mécaniques de ceux-ci... )

 

  • électriciennes (ça va de changer une ampoule à la lampe de chevet au réglage de tous les appareils lors des changements d'heure, en passant par trouver de toute urgence le bouton qui fait arrêter le biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiipppppppppp strident quand "on" a tiré trop fort la prise du lit et démonté tout le système électrique de la rampe)
  • femmes de ménage (ben oui, nous sommes là 24h/24 et quand il y a un départ la nuit, qui nettoie la chambre pour préparer l'arrivée du patient des urgences-qui-ne-peut-pas-attendre?)
  • cuisinières (bon, très basique la cuisine: mettre un yogourt sur un plateau, avec quelques biscottes, du beurre, de la confiture, un sachet de thé et un pot d'eau chaude)
  • secrétaires (mais rarement... on autonomise au maximum nos médecins-assistants afin qu'ils fassent leurs photocopies tous seuls!)
  • préparatrices en pharmacie (certaines préparations sont faites dans le service, mais là aussi, de moins en moins... dommage, j'aimais bien jouer à la petite chimiste!)
  • calculatrices scientifiques (et faut être réactives quand la cheffe de clinique donne des instructions en UI/h d'héparine alors que nous calculons d'habitude en UI/24h! )
  • animatrices de loisir (pour nos patients (trop) longtemps hospitalisés dans notre service, pas encore assez bien pour partir et trop bien pour se contenter de la télévision et des magazines déjà lus)
  • trieuses sélectives (le PET se met dans cette poubelle, le verre cassé ici et le verre à jeter là! mais le carton, n'oublie pas, il va dans le petit local!)
  • costumières ( certains patients ont eu leurs habits déchirés lors de leur arrivée, ou immettables en l'état... genre sales de terre, d'au stagnantes, ou de liquides biologiques divers et variés . On a un réduit, quelque part dans l'hôpital, avec des affaires à prêter au cas où... ) 3

 

  • manutentionnaire (souvent c'est le week-end quand on s'aperçoit qu'il manque du matériel ou que la décision est prise de faire une hémodiafiltration4, du coup, nous devons partir dans les labyrinthes du sous-sol chercher le matériel indispensable

 

sans oublier bien entendu les autres fonctions de l'infirmière!

 

1) vase= bassin pour faire ses besoins

2) à remplacer aussi par "vous avez encore trop d'alcool, de médicaments dans votre sang"

3) du reste, je me demande quel est le pourcentage de retour des vêtements prêtés...

4) hémodiafiltration= épuration rénale mise en continu, demandant une machine et du matériel très spécifiques

Par heidi70 - Publié dans : souvenirs et anecdotes - Communauté : Infirmières !!!
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Vendredi 5 avril 2013 5 05 /04 /Avr /2013 11:53

Lucette a 80 ans. Elle a une famille aimante qui l'entoure, malgré quelques tensions.

C'est une femme qui a beaucoup donné toute sa vie, qui était active longtemps.

Mais ces dernières années, les choses ont changé.

Elle est de moins en moins active, Lucette.

Elle a de la peine à se déplacer. Et elle habite une maison villageoise, à flanc de colline. Pour accéder chez elle, il faut grimper une dizaine de marches d'escalier. Pas bien raides, mais quand même, c'est difficile.

Il faut dire que Lucette a un surpoids important, des jambes avec des plaies qui ne veulent se fermer. Les infirmiers qui passent tous les deux jours appellent ça des ulcères.

Lucette a aussi de la peine à respirer. Se déplacer et respirer, c'est tout un problème. Dans l'idéal, elle aimerait faire une chose après l'autre: d'abord se déplacer, puis ensuite prendre son temps pour respirer. Mais bien sûr, ce n'est pas possible.

Du coup, comme elle a de la peine à respirer, marcher, monter les marches qui mènent chez elle, elle reste cloîtrée.

ou presque.

Son plaisir, c'était de faire le jardin. Oh fallait voir comme il était beau, son jardin! Des fleurs, des légumes, des fraises, les préférées de sa petite-fille!

Là, le jardin a été remplacé par une cour, vu qu'elle n'arrivait pas à s'en occuper. La cour, c'est pratique pour y mettre les voitures, comme ça, ses enfants et petits-enfants peuvent parquer devant chez elle quand ils viennent en visite, plutôt que dans la rue! oui, quand ils viennent en visite...

Elle sait bien, Lucette, que ses petis-enfants sont bien occupés. Sa petite-fille a 3 enfants, elle habite pas tout près.

Elle vient toujours avec plaisir, mais... pas très souvent. Son petit-fils? oui, il téléphone, mais il est souvent absent, à l'étranger, pour son travail.

Lucette sort de moins en moins, mais elle continue à jardiner sur son balcon... quelques géraniums, des pensées, des jardinières vivantes, jeunes, colorées...

Pas comme elle. Elle se sent inutile, Lucette. Elle se sent de trop.

Les infirmiers qui viennent 1 jour/2, les aides-soignantes qui viennent tous les jours la laver, il faut les payer!

sa fille, qui s'occupe de ses payements, dit que ce n'est pas un problème, qu'au contraire, il y a des aides de l'Etat pour payer tout ça.

Elle est bien gentille, la fille à Lucette, mais ça n'empêche pas sa mère de se faire du souci.

Elle n'a pas le moral, Lucette. C'est dur de voir tout s'effilocher... une vie active qui arrive à sa fin, dépendante des autres pour tout...

Alors Lucette a décidé de ne plus être un poids pour les autres, pour elle-même.

Elle a trouvé quelques produits de jardinage, en a fait un cocktail... et l'a bu...

L'infirmier l'a retrouvée peu bien, a appelé les secours, qui l'ont emmenée à l'hôpital.

Lucette s'y est endormie pour toujours...

 

 

 

 

Par heidi70 - Publié dans : souvenirs et anecdotes - Communauté : Infirmières !!!
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Lundi 1 avril 2013 1 01 /04 /Avr /2013 20:44

Ludovic est un charmant jeune homme.

Sympathique, chaleureux, il vient de temps en temps dans notre service.

Il a juste un petit défaut, qui explique pourquoi il vient chez nous: Ludovic est toxicomane.

Et il a l'habitude de s'injecter différents produits (ne me demandez pas lesquels, je suis infirmière, mais mes connaissances ont des limites très vite atteintes!).

Ce qui fait qu'il vient chez nous pour endocardite infectieuse de manière récurrente...

 

(pour ceux qui ne connaissent pas très bien cette maladie, je mets une petite note explicative. Pour ceux qui qui sont au clair, vous pouvez passez ce paragraphe!

-Définition: 

Le cœur est constitué de trois types de tissus qui sont, en allant de l'extérieur vers l'intérieur du cœur: le péricarde, le myocarde et l'endocarde.

L’endocarde est donc le tissu situé sur la face interne du cœur, directement au contact du sang. Une endocardite correspond à une inflammation (ou irritation) de l'endocarde.

endocardite.jpg

 

 

La zone la plus atteinte de l’endocarde au cours d’une endocardite est en règle générale celle des valves cardiaques, surtout si elles sont initialement lésées. Ces valves sont au nombre de 4 : 2 du coté droit du coeur et 2 du coté gauche.

A droite se trouve la valve tricuspide entre l’oreillette et le ventricule droit, et la valve pulmonaire entre le ventricule droit et l’artère pulmonaire.

Du coté gauche du cœur, se trouve la valve mitrale entre l'oreillette et le ventricule gauche suivie de la valve aortique entre le ventricule gauche et l'aorte.

Les endocardites des valves mitrale et aortique sont les plus fréquentes.

L'inflammation de l'endocarde est souvent provoquée par une infection généralisée, le germe étant initialement localisé à un autre endroit du corps (dents, tube digestif...).

L'endocardite infectieuse est une maladie grave par elle-même, mais aussi par le fait du terrain sur lequel elle survient.)

e-cardiologie.com  )

 

 

Donc nous recevons une fois de plus Ludovic, qui est toujours là avec son grand sourire, son air tellement sain (t?)

Difficile de deviner qu'il est toxicomane depuis de nombreuses années...

 

Il est installé en chambre et nous l'équipons: le médecin-chef est là pour lui poser une voie veineuse centrale (un cathéter qui va dans une grosse veine du cou), afin de pouvoir le perfuser et lui passer les antibiotiques qui vont lui permettre de sauver sa vie.

Il va bien, Ludovic! enfin, bien, malgré la fièvre, les douleurs articulaires et musculaires... ce sont ces symptomes qui l'ont conduit à aller consulter aux urgences...

Le médecin-chef est là, parce que du fait de sa toxicomanie, Ludovic n'a plus de veine "piquable", donc il a besoin d'un médecin expérimenté pour trouver une veine que ce jeune homme n'a pas encore (trop) maltraitée...

 

Et donc Ludovic reste quelques jours chez nous, afin que nous puissions surveiller ses paramètres vitaux et surtout le tracé de son rythme cardiaque...

Il en a marre, Ludovic! il aimerait pouvoir sortir, voir ses potes, fumer une clope dans la cour...

Il en a assez de devoir se soumettre à notre rythme, lui qui n'a pas vraiment de rythme.

 

Un jour, en lui donnant sa méthadone, ma collègue a une intuition... elle reste discrétement à l'observer. Il prend le godet avec le liquide, le met dans sa bouche et.... stupeur! le recrache, puis mélange avec de la salive avant de se l'injecter avec une seringue qu'il a trouvée dans la chambre!

(hum... pas une excellente idée pour guérir au plus vite!)

quand on lui demande pourquoi il a fait ça, il nous répond avec une candeur confondante. "Ben, ça agit mieux et plus vite!" .. certes! 

 

Le temps passe, l'infection régresse (pour le plus grand étonnement soulagement) de tout le monde!

 

Ludovic doit rester encore hospitalisé, il en a pour quelques semaines de traitement, mais a pu monter à l'étage, dans uen chambre "normale"...

Il charme aussi les infirmières de l'étage, il reste adorable... mais souvent, mes collègues retrouvent son statif (support à perfusion, ou "arbre à perfusion" ) dans un coin de l'étage, plus ou moins planqué, mais toujours soigneusement bouchonné... : Ludovic a décidé d'alle faire un tour en ville, dire bonjour à ses potes toxicomanes et, pourquoi pas, acheter quelques produits à mettre directement dans sa voie veineuse!

 

On l'aime bien Ludovic 

 

 


 

 

 

 

 


Par heidi70 - Publié dans : souvenirs et anecdotes - Communauté : Infirmières !!!
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Vendredi 22 février 2013 5 22 /02 /Fév /2013 13:22

IMG_1109-2-.JPGPosons le décor: tisannerie (ou salle de thé, ou coin-pause, ou...), 4 soignantes: 2 Suissesses et 2 Françaises.

 

A (suissesse): - Vous avez vu le centimètre?

B (française) : - le quoi???

A : le centimètre! j'en ai besoin pour mesurer le périmètre du mollet de mon patient

B. ?!?

C (suissesse, bilingue français-français): A cherche le ruban métrique...

B: - ah!!! il est au box 4, sur la paillasse!

A: - sur la quoi!?!?

B: - la paillasse

C (morte de rire): - il est sur le plan de travail à côté du lavabo!

 

NdT: ici, la paillasse ne s'emploie que dans le terme "lit de paille sur lequel doit se coucher un prisonnier"

Par heidi70 - Publié dans : souvenirs et anecdotes - Communauté : Infirmières !!!
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  • Sparadrap, gaffes et perfusions
  • : Infirmière depuis près de 20 ans, j'exerce en Suisse Romande. Mes récits sur des patients racontent plusieurs vies, plusieurs personnes... Les fiches techniques peuvent être reprises, en me le signifiant par courtoisie! :-)
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