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Hier, une amie m'a montré un article sur leMonde.fr qui traitait d'un problème de "préférence nationale" et de la xénophobie "ordinaire" dans la région de Genève. Ce problème est grave, navrant et découle d'un sentiment assez nauséabond.
Mais avant d'arriver à la fin de cet article, j'ai sursauté, bondi, et me suis sentie en colère. Une très très grosse colère!
Pourquoi?
A cause de ce début de paragraphe: "Au sein des hôpitaux universitaires de Genève, selon les statistiques de 2011, les Suisses occupent 48 %des emplois, contre 34 % pour les Français. Ceux-ci occupent souvent des emplois peu qualifiés, comme les postes d'infirmière, en raison du manque de personnel formé côté Suisse."
L'infirmière est donc, d'après Madame Mathilde Damgé, peu qualifiée...
Bien, Madame Damgé...
je vais donc, si vous me faites le plaisir de lire ce billet, vous expliquer la formation infirmière (suisse, c'est celle que je connais le mieux..).
D'abord, il faut avoir la Maturité Fédérale, ou alors un bac français avec mention, ou encore un Diplôme de Culture Générale (mais je ne vais pas expliquer ce diplôme ici, qui est, pour simplifier, un bac n'ouvrant pas les portes de l'Université).
Ensuite, c'est une année préparatoire ou des modules complémentaires, afin d'obtenir l'équivalent d'une Maturité spécialisée Santé.
Puis après ces quelques mois d'études, il est temps de commencer les 3 ans d'études qui vont aboutir au bachelor d'infirmière.
"La formation bachelor permet de développer les compétences professionnelles suivantes :
• analyser une situation complexe ;
• identifier et planifier des interventions et évaluer les résultats ;
• pratiquer les soins avec méthode dans le respect des personnes et des principes
éthiques ;
• participer à l’amélioration de la qualité et de l’efficacité des soins ;
• travailler et collaborer dans une équipe multidisciplinaire ;
• fonder sa pratique sur des données probantes ;
• contribuer au développement de la profession par des activités de recherche autour des
pratiques professionnelles ;
• évaluer sa pratique professionnelle afin d’ajuster, de développer et de conceptualiser ses
interventions ;
• contribuer aux recherches en soins infirmiers et participer à des projets interdiscinaires ;
• participer aux démarches qualité du système sociosanitaire ;
• s’impliquer, par son discours et ses actes, dans le développement et l’explicitation du
rôle infirmier."
(http://formation.hesav.ch/docs/fiches_modulaires/soins_infirmiers.pdf?sfvrsn=1)
Ces 3 ans d'études sont une alternance entre temps en stage et temps en cours.
Durant le temps de stage, il est demandé à l'étudiante de réflechir sur la portée de ses actes, de comprendre et connaître les personnes soignées et leurs pathologies.
Une infirmière a comme missions: la promotion de la santé, la prévention de la maladie, ainsi que les soins dispensés aux personnes malades, handicapées et mourantes mais aussi la défense, la promotion d'un environnement sain, la recherche, la participation à l'élaboration de la politique de santé et à la gestion des systèmes de santé et des patients, ainsi que l'éducation.
Une de mes collègues, sur le site www.infirmiere-suisse.com, a très bien décrit les différentes activités de l'infirmière:
Voici donc ce que vous estimez être un emploi "peu qualifié"...
(et je n'oublie pas non plus les études post-grade d'infirmière-clinicienne, d'infirmière experte en anesthésiologie, d'infirmière experte en soins intensifs, d'infirmière en santé publique, etc. qui demandent 2 années d'études supplémentaires...)
Veuillez donc recevoir, Madame Damgé, les salutations d'une infirmière peu qualifiée.
(voici le lien de l'article en question: http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/04/27/preference-cantonale-et-campagne-contre-les-frontaliers-a-geneve_1692274_3224.html )