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La"revue" est terminée, je range mes ailes d'ange... (nous étions deux "fils conducteurs" de ce spectacle: une diablotine en rouge et noir et une ange rousse en blanc...) et je me prépare à affronter ce 5ème semestre.
Cinquième semestre
Durée: 22 semaines, dont 30-33 jours de stage dans un service de soins intensifs, de soins continus ou d'urgence (répartis sur 10 semaines), 30-33 jours de stage dans un
service de soins infirmiers de santé publique (répartis sur 10 semaines), 1 semaine consacrée à la réalisation du travail de diplôme et 44 jours de cours.
Unité de soins infirmiers en santé publique
Cette unité permet aux élèves d'élargir leur rôle desoignant dans un service de santé communautaire et d'approfondir leur pratique de soins infirmiers selon des objectifs personnels.
En stage, les élèves développent le processus de soins dans un service de soins infirmiers de santé publique et répondent aux besoins de santé des clients en tenant compte de leur milieu et des ressources de la collectivité.
Dans cette unité, l'accent est mis sur:
vu la fin difficile de mon dernier semestre, je n'en menais pas large au début du 5ème semestre.
Je commençais donc par l'unité de santé publique. Notre enseignante a mis une liste de lieux de stage possibles durant cette unité. Ça allait de l'oncologie ambulatoire du CHU près de notre école à une liste impressionnante de CMS du canton (pour ceux qui ne connaissent pas, les CMS sont une structure de soins à domicile, dépendant du canton, où sont engagés infirmiers, ergothérapeutes, assistants sociaux, aides-soignants. Ils font donc des visites à domicile et ont des colloques interdisciplinaires réguliers pour permettre au patient et à sa famille de recevoir des soins d'une manière coordonnée).
N'ayant pas envie de rester "sur place", je choisis 3 CMS sur la liste. A la fin de la semaine, l'enseignante revient vers moi et me dit qu'aucun des lieux choisis ne peut me prendre en stage. Pfff... je choisis alors un autre lieu: pas de place. Je finis par postuler pour le village de mes grands-parents, dans les montagnes, où je pourrais être logée. Banco! il y a une place.
Bon, je ne voulais pas vraiment aller là-bas, n'étant pas très proche de ces grands-parents, mais je me dis que ce sera une expérience intéressante...
Je prends donc une partie de mes affaires dans un petit sac à dos et me voici donc avec ma petite moto dans ce village montagnard.
Je retrouve une partie de mes racines, je découvre mes grands-parents, tous fiers d'avoir leur petite-fille, "L'infirmière!", à présenter aux amis et connaissances du village.
Je découvre les soins à domicile, les relations que l'ont peut nouer, l'importance des deux pharmaciens du village, les médecins de ville...
Je me plais bien dans ce stage, même si je trouve les colloques interdisciplinaires longs et ennuyeux... (plus tard, bien des années après, alors que je travaillais en CMS, j'ai réalisé que ces colloques étaient plus que précieux et porteurs de beaucoup de sens... ).
Mon enseignante, qui prenait très à coeur ma formation et mon évaluation (j'étais alors l'une des rares élèves en stage sommatif et non pas formatif), semblait tresser plus que moi chaque enseignement clinique...
Mais j'avais pu démontrer que mon échec du 4ème semestre était passé et que j'avais pu progresser et grandir en maturité...
Unité de soins infirmiers aux clients en situation aiguë: soins continus, urgences et soins intensifs
Cette unité permet d'approcher avec les élèves les soins aux clients en état critique. En stage, les élèves soignent de façon globale et individualisée 1 à 2 clients en phase aiguë de leur maladie, sous supervision directe ou indirecte.
Dans cette unité l'accent est mis sur:
Hem... les foies, les boules, la peur...
Pas le choix de stage ce trimestre-ci, ce sera les "Soins Intensifs" (en France, vous appelez cette unité "réa"... et vos "soins intensifs" se nomment ici "soins continus"... sommes-nous vraiment de la même langue? ;-) )
Bien, bien, bien... à l'époque, il y avait 5 unités différentes: l'unité Resp , l'unité Cardio, les Brûlés et deux unités de Chirurgie.
Comme le stage qui s'était (très) mal passé était en chirurgie, me voici donc propulsée aux SIC (Soins Intensifs de Chirurgie)
Premier défi: ne pas se perdre dans les couloirs
Deuxième défi: ne pas sursauter à chaque "bip" sous peine de resembler à un patient atteint de chorée...
Troisième défi: comprendre un peu se qui se passe, tout en ayant un oeil sur le scope et un autre sur le patient...
Quatrième défi: respirer... res-pi-rer!
J'exagère pas un peu?
si, oh que oui, j'exagère!
en fait, je rêvais d'aller aux SIC... les choses se goupillant finalement pas trop mal, je n'ai pas eu à me battre pour obtenir ce stage!
de plus, j'étais, et je le suis toujours, fascinée par les chiffres, les scopes, les dessins du scope... à l'époque, je ne comprenais pas très bien la lecture d'un ECG, mais j'arrivais à déceler une anomalie, la montrer aux infirmiers avec qui je travaillais.
J'aimais cette ambiance où "tout pouvais arriver", même si, en général, je m'occupais de patients plutôt "stables", souvent prêts à pouvoir être transférés dans une unité de soins continus.
Je me souviens que je me sentais bien dans ce service, en sécurité, mais en alerte... Les infirmiers qui m'encadraient m'expliquaient ce qu'ils faisaient, pourquoi... et quand j'ai revu certains de ces infirmiers, 15 ans après, en faisant ma formation spécialisée, ils m'ont reconnue! ( et ça me semble extraordinaire, vu le nombre de stagiaires qui passent dans l'unité...)
Evidemment, il y avait cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête... si je ne me montrais pas à la hauteur durant ce stage, il falalit que je refasse un semestre ou que je quitte l'école d'infirmières... Je n'avais pas l'impression d'être mauvaise, mais je craignais beaucoup l'appréciation de l'enseignant le plus impressionant de l'école... c'était un enseignant originaire d'Amérique Centrale ou du Sud, charmant, mais avec une somme de connaissances impressionante et un jugement très fin, perspicace et juste sur les élèves qu'il suivait.
Lorsque, à mon deuxième enseignement clinique, il m'a laissée un très long moment seule avec le patient, buvant son café avec les collègues dans la tisanerie, tout en regardant le scope de mon patient, j'ai su que j'avais gagné sa confiance et que je passais au sixième et dernier semestre! :-)
Un autre excellent souvenir de ce trimestre a été le stage de découverte du service des ambulances de la GrandeVille.
C'était encore la Police qui faisait le service des ambulances, mais ils suivaient une formation continue très poussée et étaient tout contents d'accueillir des stagiaires élèves infirmières!
(je ne vous dis pas le nombre de couples qui se sont formés à la suite de ces stages! et certaines de ces connaissances sont restés des amis que je vois encore, 20 ans après...)