Partager l'article ! il y a 20 ans (2ème partie): J'entre donc dans ma deuxième année d'école d'infirmières. Finis les horaires "de bureau" qui m' ...
J'entre donc dans ma deuxième année d'école d'infirmières.
Finis les horaires "de bureau" qui m'énervaient tant (soit 7h-16h, soit 7h-12h et 15h30-19h ) du lundi au vendredi. Enfin, je pouvais travailler de nuit, de week-end, de soir!
J'avais l'impression d'être enfin dans le grand bassin de la piscine.
Troisième semestre
Durée 22 semaines, dont 35 jours de stage en milieu psychiatrique (répartis sur 9 semaines), 20 jours de stage en pédiatrie (répartis sur 5 semaines),
20
jours de stage en obstétrique/ gynécologie/ urologie ( répartis sur 5 semaines) et 35 jours de cours.
donc nous voici séparés en deux groupes: un groupe qui fait l'unité "parents-enfants" et l'autre qui fait "psychiatrie". On inverse les stages et cours après 3 mois.
Ce semestre est "formatif": nous aurons bien des évaluations de stage, des enseignements cliniques, mais nous passerons tous au 4ème semestre.
Unité de soins infirmiers psychiatriques
L'enseignement développe la capacité des élèves d'entrer en relation, de se connaître dans une relation. En stage, les élèves font l'expérience de la relation
d'aide
avec des personnes ayant des difficultés de communication, des troubles psychologiques.
Dans cette unité, l'accent est mis sur:
- la communication fonctionnelle et dysfonctionnelle
- le petit groupe (système familial, équipe)
- la connaissance de soi-même
- le changement et l'adaptation
- la relation d'aide
- les soins psychiatriques
Bon, je vais tout avouer: cette unité, je n'avais pas envie de la faire! Je n'aime pas la psychiatrie, j'ai peur de ne pas savoir parler aux gens, j'ai peur d'être à côté de la plaque...
De plus, j'aurai voulu être en stage tout près de chez mes parents, dans ma ville de naissance, et à cause d'une histoire de chiens, je me retrouve à 35 km, dans la pleine campagne, dans les
vignes... et dans un centre neurologique! (l'histoire des chiens, c'est qu'une collègue avait 2 chiens et ne voulait pas se retrouver trop loin d'eux en stage...du coup, c'est moi qui ai fait les
km!)
En matière de patients "psy", je me suis retrouvée à m'occuper de personnes déficientes mentales, souffrant d'épilepsie rebelle, de patients ayant eu un AVC, ou des personnes souffrant de
parkinson très sèvère et dont aucune structure ne voulait/ pouvait les accueillir!
Très loin de la psychiatrie dont je me faisais une image bien plus "terrible", pas de "Vol au-dessus d'un nid de coucou" ou autre "Horla"...
Vu les objectifs du stage, je les ai atteints sans problèmes.
J'ai surtout découvert un charmant collègue d'ex-yougoslavie qui m'a donné envie d'en savoir plus sur son pays, une région magnifique et une place de stage tellement chouette que, après mon
stage, durant mes vacances, j'y ai travaillé 2 semaines pour me faire quelques sous en plus!
Unité famille-santé-maladie
L'enseignement de cette unité permet d'aborder avec les élèves l'enfant et sa famille, de manière systémique, dans des situations
normales et pathologiques. En stage, les élèves collaborent aux soins et donnent des soins individualisés à 1 à 3 clients hospitalisés en pédiatrie, en obstétrique
ou urologie. Elles utilisent le
processus de soins pour soigner des personnes à différents âges de la vie.
Dans cette unité, l'accent est mis sur:
- la globalité de la personne à différents âges de la vie
- les questions touchant au couple, à la sexualité, à la procréation et à la santé de la famille, dans une vision
systémique
- l'application des concepts de besoin, de changement, d'adaptation et de relation en situation d'obstétrique et de
pédiatrie
- les répercussions de la maladie et de l'hospitalisation sur l'enfant et la famille
- l'observation des comportements de l'acquisition des connaissances spécifiques aux soins:
- la progression dans l'apprentissage
Autant je me réjouissais de ce trimestre, autant j'ai détesté le faire!
5 semaines en pédiatrie: stage très éprouvant, dans une unité de médecine, beaucoup d'enfants qui étaient
suivis en chimio (on n'avait pas le droit de les approcher)... A l'époque, il existait la formation d'infirmière HMP (hygiène maternelle et pédiatrie) qui formait des infirmières pour la
pédiatrie, et les infirmières en "soins généraux" étaient relativement mal vues dans ce milieu spécialisé. Du coup, ma camarade de volée et moi étions un peu mises à l'écart, nous sentions pas du
tout intégrées. Heureusement qu'il y avait des élèves HMP qui nous ont coachées un peu...
5 semaines en obstétrique/ gynécologie... pas non plus évident: les secteurs étaient très séparés.
Quelques jours dans l'unité de surveillance de grossesse, de FIV (le médecin-chef, réputé peu aimable, m'a réservé un accueil très sympathique et m'a expliqué toutes les étapes de la procréation
assistée. Encore merci!) , et d' IVG/IMG... c'était la partie la plus intéressante de ce stage.
3 nuits en salle d'accouchement: 2 nuits sans accouchement et la dernière où j'ai assisté à deux
naissances:
- une femme dont c'était le deuxième enfant, avec péridurale et le papa à ses côté
- une très jeune femme d'origine magrébine, dont c'est le premier enfant. Elle avait 18-20 ans, et était
accompagnée par sa belle-soeur, à peine plus âgée qu'elle et enceinte de 7 mois! le papa faisait les 100 pas dans le couloir.
Pas de péridurale pour cette jeune femme (et un malaise vagal pour l'élève-infirmière Heidi! la
sage-femme se marrait...)
3 semaines de stage en post-partum... un condensé de ce qu'il y avait de plus désagréable dans les soins infirmiers: des sages-femmes aigries, peu ouvertes à la nouveauté, des clichés sur les
femmes d'origines étrangères,...
Heureusement, toutes n'étaient pas ainsi, mais les deux-trois sage-femmes plus âgées et moins motivées ne m'ont pas donné envie de poursuivre mon activité comme infirmière-sage-femme...
(Bien heureusement, j'ai découvert ensuite des sage-femmes passionnées, qui m'ont donné envie de me spécialiser dans ce domaine, avant que j'opte pour la Réa).
J'ai dit plus haut que ce semestre était formatif et que nous devions tous nous retrouver au 4ème semestre... C'était sans compter tout ce qu'a remué pour un des garçons de la volée le stage
en
psychiatrie. Il a décidé d'arrêter la formation après ce stage.