Partager l'article ! Boulot, tu me manques...: Mon cher travail, voici déjà deux mois que je t'ai quitté. Quand je suis partie en vacances, fin février, ...
Mon cher travail,
voici déjà deux mois que je t'ai quitté. Quand je suis partie en vacances, fin février, je ne pensais pas que je ne te reverrai pas avant 3 mois. Au contraire, je faisais plein de projets avec toi: devenir praticienne formatrice, suivre des cours Smur, râler un peu, rire et sourire beaucoup.
Mais voilà, une chute et des déceptions font que l'avenir n'est pas tout à fait comme je l'avais prévu.
Déjà, je n'imaginais pas à quel point tu allais me manquer.
Faire un lit, tourner un patient, le masser, surveiller les scopes, entendre les bips, la sonnette, le téléphone qui annonce une entrée,...
L'autre jour, je suis passée te voir. Le service ressemblait à une petite ruche: un patient intubé devait partir au scanner, une entrée était annoncée et en même temps, il y avait un transfert dans un autre service.
Tu sais, j'avais envie de prendre les papiers, les donner à qui de droit, pousser le lit au scanner... bref, j'avais envie d'agir!
et c'est là que je me suis rendu compte que l'action me manquait.
La réflexion aussi: pourquoi ce scanner, comment amener le patient là-bas, ne pas oublier de vérifier loxygène et l'air dans les bouteilles, ne pas oublier de prendre des médicaments d'urgence...
Tu vois, cher travail, c'était dur d'être là, un peu en trop (pas le temps de discuter avec les collègues qui étaient bien occupées), un peu inutile...
Alors oui, souvent on se dit dans un soupir qu'on en peut plus, qu'on aimerait un peu de repos, un petit arrêt pour recharger ses batteries... mais je t'assure que ce repos est trop long, j'ai peur d'avoir tout oublié...
J'ai hâte de te retrouver, mais en même temps, j'ai la crainte de ne plus être à la hauteur.
Me voici gentiment au bout de mon arrêt. Dans quelques jours, je passe une IRM, deux semaines après je vois mon orthopédiste et normalement, juste après, je te retrouve.
Et je commence à ne plus me réjouir. À avoir peur de la reprise, de travailler 12 heures et de ne pas tenir le coup...
Vois-tu cher boulot, comme dans une séparation amoureuse, j'ai peur de te revoir et que tu me revoies, que je ne soie plus celle de tes souvenirs, que tu aies changé... que nous devions nous réapprivoiser alors que ça fait presque 10 ans qu'on se connait.
À bientôt, cher travail, mais n'oublie pas d'être indulgent avec moi!