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Lundi 20 août 2012 1 20 /08 /Août /2012 19:32

 

Inquiète, elle surveille le scope

Ne perd pas de vue le patient

Fébrile, inquiet, algique ou encore

Inconscient, sédaté.

Réaliste, elle prépare la famille aux conséquences possibles,

Mais reste présente, attentive aux signes de mieux-être.

Il est vrai qu'elle peut

Etre dure certaines fois, demandant au patient des choses qui lui semblent impossibles.

Remarquant les progrès, les améliorations

Et transmettant ses obervations aux médecins, physios et autres membres de l'équipe.

 

Elle a fait, en ce pays, une formation exigeante qui

Ne lui a pas laissé beaucoup de répit durant 2 ans.

 

Soigner, aider, comprendre

Observer, analyser, transmettre

Interpréter un ECG, une RXthorax

Ne pas oublier les examens de labo

Savoir faire les liens entre théorie et pratique

 

Indépendement du fait qu'elle a aussi à assurer la réanimation dans les étages

N'oublie pas non plus de faire les transmissions lors de transfert dans les services

Toujours, ou presque... , sur la sellette

En étant aussi enseignante pour les étudiantes ou infirmière en formation

N'oublions pas un zeste d'humour

Souvent des rires et des plaisanteries

Insufflent un élan de gaîté dans ce milieu fermé.

Faire de son mieux afin que le séjour en ces murs

Se déroule le mieux possible, malgré les circonstances...

 

 

ok, c'est assez idéaliste ;-)

Par heidi70 - Publié dans : vis ma vie palpitante... - Communauté : Infirmières !!!
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Jeudi 16 août 2012 4 16 /08 /Août /2012 16:09

(ce billet est tiré d'une présentation faite dans le cadre de ma formation en soins intensifs)

 

 

Objectifs de la présentation :

  • Expliquer les avantages et inconvénients d’une alimentation entérale
  • Rappel des différents types de sonde d’alimentation
  • Mise à jour des soins et surveillances infirmières d’une alimentation entérale
  • Faire une fiche technique sur le sujet

 

Définition de la nutrition entérale :

 

 la Nutrition entérale consiste en l’administration de nutriments dans l’estomac ou l’intestin grêle à l’aide d’une sonde lorsque les apports oraux sont insuffisants ou impossibles 

 

Buts de la nutrition entérale :

  • prévenir la malnutrition
  • restaurer un état nutritionnel
  • maintenir la perfusion splanchnique (pour maintenir l’intégrité intestinale)
  • améliorer la perfusion de la muqueuse gastro-intestinale
  • diminuer la translocation bactérienne (altération de la barrière de protection aux germes pathogènes digestifs)
  • éviter l’atrophie du tractus gastro-intestinal.

 

 

Indications à la nutrition entérale :

(recommandations de la Société d’alimentation entérale et parentérale nord-américaine ASPEN)

  • dénutrition avec alimentation orale inadaptée depuis 5 jours
  • absence de dénutrition mais alimentation orale inadaptée depuis 7 à 10 jours ou en prévision d’une alimentation inadéquate d’une durée >7 jours (selon les recommandations européennes, c’est 5 à 7 jours…)
  • brûlures du 3ème degré (limite les risques infectieux et les pertes protéiques massives d’origine digestive)
  • résection de l’intestin grêle importante (jusqu’à 90%) (avec souvent une alimentation par voie parentérale nécessaire)
  • fistule entéro-cutanée à faible débit (moins de 500 ml) (dans le cadre d’une maladie de Crohn par exemple)

 

Contre-indications :

  • choc
  • occlusion intestinale complète
  • ischémie intestinale
  • iléus
  • patient inconscient non intubé
  • syndrome de l’intestin court
  • pancréatite aiguë (discutable par voir jéjunale)

 

Quand commencer une nutrition entérale ?

 

  • Cours séjour prévisible (<48 heures), sans malnutrition:  rien, éventuellement supplémentation orale
  • Grand brûlé (>20% TBSA); polytraumatisé sévère; TCC; chir. élective majeure, dénutri: NE J0-1
  • Chir élective majeure, non dénutri, avec complications; sepsis sévère; ARDS; CVV; défaillance hémodynamique; cas électif qui se complique; HSA avec troubles de la déglutition: NE J3-4
  • Long séjour et NE insuffisante: TPE +/- NE

 

(tiré du cours du Dr Mette Berger )

 

HSA= hémorragie sous-arachnoïdienne

 

 

Besoins nutritionnels 


Le besoin minimum d’énergie indispensable au maintien et à l’entretien de la vie cellulaire  (métabolisme de base) est de 20 à 30 Kcal/Kg/jour.

Chez le patient de S.I., ce métabolisme de base peut augmenter à cause du stress, des agressions et de la pathologie.

Patients :

  • « normaux »       : ~25 Kcal/kg/j
  • septiques            : 30-40 Kcal/kg/j
  • polytraumatisés : 25-35 Kcal/kg/j
  • brûlés                 : 30 Kcal/kg/j, voire plus

 

Les besoins protéiniques sont à comptabiliser en plus.

 

 

Digestion et absorption intestinales

 

Les fonctions de digestion et d’absorption sont principalement assurées par l’intestin grêle et le côlon.

L’estomac a un rôle de réservoir et de pré digestion (acide chlorhydrique). Sa vidange est déterminée par :

-          l’osmolarité des aliments

-          la nature solide ou liquide

-          la nature des nutriments

 

Les hormones intestinales régulent la motricité gastro-intestinale et les sécrétions digestives en fonction de l’apport alimentaire.

Le volume des sécrétions digestives est de 6 à 9 litres/jour.

 

Conséquences du jeûne non volontaire :

Dans un état de stress important, tel que pathologie lourde, agression, grand brûlé,… où l’adaptation au jeûne ne va pas se faire.

 (chez une personne qui va volontairement jeûner (régime, anorexie, malnutrition) de manière progressive, le métabolisme va s’adapter au jeûne et les conséquences décrites ci-dessous seront diminuées ou amoindries)

 

-          Tissulaires :

 

- fonte musculaire due au catabolisme augmenté des protéines

- lâchage des sutures et d’anastomoses dû au retard de cicatrisation

- oxydation des lipides avec lipolyse accrue

- insulino résistance accentuée par les catécholamines (entre autres chez le patient brûlé) et par les cytokines 

Cytokines= Ces glycoprotéines solubles sont produites en réponse à un signal activateur, elles assurent la communication entre les différentes cellules de l’organisme, elles ont un rôle de stimulation ou d’inhibition, c’est-à-dire de régulation des phénomènes immunitaires

- diminution des stocks énergétiques : diminution de l’ATP et du glycogène

ATP= adénosine triphosphate, substrat énergétique nécessaire aux cellules pour produire leur activité, formé à partir de la source d’énergie des aliments

Glycogène : substance glucidique constituant une forme de réserve importante de glucose dans le foie et les muscles

-risques d’escarres augmentés par la malnutrition

 

-          Immunologiques et infectieux

 

- atrophie de la muqueuse intestinale favorisant la translocation bactérienne, en particulier des entérobacteries

- diminution des lymphocytes

- développement des viroses, mycoses, etc.

 

-          Respiratoires :

 

- insuffisance respiratoire due surtout à l’atrophie du diaphragme

- diminution des mouvements ciliaires

- diminution de la masse et de la force musculaire => diminution du réflexe de toux

(Recrudescence du risque infectieux)

 

 

Sondes d’alimentation entérale :

  • Salem
  • Freka ®
  • PEG
  • Jéjunostomie

alimentation.jpg

 

Choix de la voie d’apports :

 

 

Avantages

Inconvénients

Complications

Sonde nasogastrique

- pose simple

- bonne tolérance

- apports nutritifs optimaux

- meilleure tolérance des produits

- effet antiacide des mélanges

-distention gastrique-> libération  d’hormones IgA biliaires(rôle dans l’intégrité de la muqueuse gastrique)

- nutrition entérale <1 mois

- régurgitation

- inhalation trachéobronchique

- déplacement secondaire

- nausées, vomissements, rétention gastrique

- bronchoaspiration

- fausses routes lors de la pose

- perforation oesophagienne (mandrin rigide)

- nécrose de l’aile du nez

- sinusite, abcès du septum

- intolérance individuelle

 

Sonde de gastrostomie :

PEG/GEP

(Gastrostomie endoscopique percutannée)

- meilleur confort

- adaptée aux nutrition de longue durée

- économique

- anesthésie locale

 

- nécessite une gastroscopie

- opérateur entraîné

- sonde peut se boucher

- fuite gastrique dans la cavité péritonéale

- fistules et infections cutanées

- péritonites

- hémorragie

- hernie

- obstruction pylorique par migration de la sonde

 Sonde de jéjunostomie

- nutrition postopératoire précoce

- mise au repos ou incapacité d’utiliser le tube digestif supérieur pour plus d’une semaine

-- Permet de mieux respecter les prescriptions, car il existe souvent une gastroparésie chez les patients de S.I.

 

- nécessité d’un débit constant

- obstruction de la sonde

- acte chirurgical

- œdème et/ou hémorragie intestinale ou de la paroi abdominale

- fuites et fistules intestinales persistantes

- infections locales

- déplacement ou migration de la sonde

- escarre intraluminale

- diarrhées

 

 

 

 

 

 

Les complications de la nutrition entérale et attitudes lors de complication :

 

Les complications habituelles de la nutrition entérale sont d’ordre gastro-intestinal, métabolique ou mécanique.

 

Complications gastro-intestinales :

Si le patient présente

Etiologie

Recommandations thérapeutiques

Nausée et/ou vomissements

- anxiété

- odeur déplaisante de la SN (solution nutritionnelle)

- effet secondaire des médicaments

 

 

-résidus gastriques excessifs

- Expliquer  la raison et le fonctionnement de la nutrition digestive

- ajouter un arôme

- changer si possible l’horaire d’administration des médics. - donner des anti-émétiques

- mesurer les résidus chaque 4 heures. Lors de résidus ≥ 300ml, réinjecter 300 ml, jeter et noter le solde. Reprendre l’administration à 50% du débit précédent. Prescrire un médicament pro-kinétique (ex. Primpéran ®, Prépulsid ®, etc)

Broncho-aspiration

- résidus gastriques excessifs

 

- malposition de la sonde

-cf nausées/vomissements

 

-vérifier l’emplacement de la sonde par injection d’air et/ou par RX

- repositionner l’extrémité de la sonde dans l’estomac proximal

Distension abdominale

 

 

(ces trois points sont aussi causes possibles de diarrhée)

- résidus gastriques excessifs

 

- injection trop rapide de la SN

 

- SN hyperosmolaire (actuellement les produits industriels sont bien maîtrisés, donc ce problème a disparu)

- malabsorption/maldigestion

(cf nausées/vomissements)

 

- diminuer le débit de la nutrition entérale à débit constant.

- utiliser une SN isotonique ou rajouter de l’eau

 

 

 

- utiliser une SN semi-élémentaire ou prescrire des enzymes pancréatiques (Créon ®,…)

Diarrhées

- antibiotiques

 

 

 

- débit trop rapide

- débit irrégulier

 

 

 

- hypoalbuminémie

 

 

 

 

 

- contamination bactérienne

- arrêter ou changer l’ATB. Prescrire un médicament antidiarrhéique si l’étiologie est claire.

-diminuer le débit

-débit régulier, calculer la nutrition sur 20h, sans essayer de « rattraper le retard »

-35 à 28 g/l, utiliser une SN isotonique ou semi-élémentaire

- ≤28 g/l : prescrire une alimentation parentérale ou de l’albumine i/v

- techniques aseptiques pour la préparation, le transfert et l’administration de la SN.

- Remplacer quotidiennement les sets d’administration de la SN

Constipation

- SN sans fibres

 

- apport d’eau insuffisant

 

 

- inactivité physique

 

 

 

 

 

- effets secondaires des médicaments

- utiliser une SN enrichie en fibres

-choisir une SN moins concentrée ou prescrire de l’eau par la sonde

- si possible, augmenter l’activité physique du patient. Prescrire des médicaments pour ramollir les selles (paraffine) ou des laxatifs doux

- arrêter, réduire ou remplacer les médicaments tels les opiacés, les parasympathicolytiques

 

 

 

Complications métaboliques

Si le patient présente

Etiologie

Recommandations thérapeutique

Déshydratation

Apport de liquides insuffisants

Choisir une SN moins concentrée ou prescrire de l’eau par la sonde

Hyperkaliémie, hypernatrémie, hyperphosphatémie

Apports électrolytiques excessifs pour la fonction rénale

Prescrire des diurétiques et/ou une SN semi-élémentaire

Hypokaliémie, hyponatrémie, hypophosphatémie

-apport d’eau excessifs ou rétention d’eau

- apports électrolytiques insuffisants

- restriction hydrique

 Prescrire des diurétiques

- apports veineux d’électrolytes

Hyperglycémie

Diabète ou stress métabolique

Prescrire de l’insuline ou des hypoglycémiants.

 

Complications mécaniques

Si le patient présente

Etiologie

Recommandations thérapeutiques

Sonde obstruée

- administration de médicaments par la sonde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- sonde mal rincée

 

 

 

- SN coagulée dans la sonde

- Ne pas administrer de médicaments non-solubles. Utiliser des médicaments liquides (gouttes, solutions)

- Ne pas ajouter de médicaments dans la SN

- Se renseigner auprès du Pharmacien de la solubilité des médicaments

-Si nécessaire, bien écraser les médicaments en comprimés et les mélanger avec de l’eau

-Rincer le sonde avant et après chaque administration des médicaments  avec 20 ml d’eau

- Rincer la sonde avant et après chaque infusion de SN

-éventuellement utiliser du Coca-Cola pour déboucher la sonde (méthode empirique, mais qui fonctionne !)

Sonde déplacée

Patient tousse ou vomit

Sonde mal fixée

Patient très actif

Vérifier la position de la sonde par aspiration de liquide gastrique et par injection d’air

Fixer la sonde en deux points : joue et cou

Erosion ou douleurs nasales

Sonde rigide

Sonde mal fixée

Utiliser une sonde de plus petit calibre

Fixer la sonde en deux points : joue et cou

 

 

 

 

Fiche technique pour l’alimentation entérale 

 

1.      Vérifier l’emplacement de la sonde avant le début de la nutrition, et une fois par horaire : injection d’air (bruit), aspiration de liquide gastrique, RX thorax. Vérifier aussi la fixation de la sonde.

2.      Installer le patient en position semi-assise ou au minimum surélever le thorax et la tête durant l’administration de la solution nutritive.

3.      Vérifier le débit d’administration 1x/horaire. A l’hôpital, le débit discontinu n’est pas souhaitable, car le stress lié aux maladies aiguës perturbe significativement les performances intestinales et entraîne des risques élevés de vomissements, diarrhées et hyperglycémie.

4.      En fonction des « interruptions prévisibles » (par exemple, transport du patient pour un examen, interruption de la nutrition lors de soins, etc.), prévoir un débit calculé sur 20h plutôt que 24h, afin d’éviter de devoir « rattraper le retard », et donc, risque de diarrhées.

5.      Rincer le sonde avec 50 ml d’eau aux 12 heures ou chaque fois que l’administration de la solution nutritive est arrêtée.

6.      Rincer la sonde avec 20 ml d’eau avant et après chaque administration de médicaments. Utiliser des médicaments liquides si possible ou écraser soigneusement les médicaments solides avant de les donner par la sonde.

7.      Vérifier la présence de résidus aux 4 heures (1x/horaire si bonne tolérance après 24h et pas de modification dans la quantité administrée) :

-          Résidus > 300 ml : réinjecter 300 ml, jeter et noter le solde

-          Diminuer le débit de 50%

-          Au bilan de 6h (ou à la visite), informer le médecin de la quantité effectivement reçue sur 24 h

-          Sur OM, administrer un médicament favorisant le transit (Primpéran ®, Prépulsid ®)

8.      Contrôler la glycémie aux 4 h : signaler si la glycémie est ≤ 3 mmol/l  ou  ≥ 8 mmol/l. Ce contrôle est à adapter selon l’évolution. L’hyperglycémie est délétère : on vise une normoglycémie (entre 4 et 6 mmol/l)

9.      Etre attentif et noter sur la feuille de surveillance (et le signaler) les symptômes d’intolérance à la nutrition digestive : nausées, vomissements, reflux œsophagien, ballonnements, distension abdominale,  diarrhées, constipation, soif.

10.  Exécuter les soins des voies d’apport (sonde naso-gastrique, gastrostomie, jéjunostomie) et vérifier attentivement l’état cutané.

11.   Encourager l’hygiène orale : brossage régulier des dents, rinçage de la bouche avec une solution « rafraîchissante » (utilisation de Dentinettes ou Sangérol ® dilué)

12.  Changer la tubulure toutes les 24 heures et jeter la solution nutritive lorsque le temps d’administration dépasse 24 heures.

13.  Changer les flex de nutrition et les tubulures de manière aseptique.

 

 

 

 

 

Bibliographie :

  • La nutrition entérale aux soins intensifs adultes, travail de troisième semestre, formation post-diplôme en Soins Intensifs,  Pascale Delafont, avril 1997
  • Guide pratique de la nutrition artificielle, C.L.A.N (Comité de Liaison Alimentation et Nutrition) et CO.ME.DIMS (Commission du Médicament et des Dispositifs Médicaux Stériles), CHU de Nice, 2003
  • Cours « Nutrition aux Soins Intensifs »de la Doctoresse Mette Berger, novembre 2005
Par heidi70 - Publié dans : réflexions professionnelles - Communauté : Infirmières !!!
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Mercredi 15 août 2012 3 15 /08 /Août /2012 19:40

Me voici donc à la dernière étape de ma formation

 

6ème semestre

Unité d'entraînement au rôle professionnel

 

Durée: 22 semaines, dont 90 jours de stage et 25 jours de cours

 

Cette unité permet l'intégration de ce qui a été appris dans les 5 semestres précédents. Elle prépare les élèves à la prise progressive de responsabilité vis-à-vis d'un groupe de clients, au sein d'une équipe de soins.

Dans cette unité, l'accent est mis sur:

  • l'entraînemnt au rôle de responsable d'unité de soins de 6 à 12 clients
  • l'individualisation des soins à un groupe de clients
  • le travail en équipe
  • l'organisation des soins
  • la pédagogie
  • le rôle professionnel

 

En gros, nous passons les 6 derniers mois dans la même unité de soins, nous faisons connaissance avec "notre" service, nous devons connaître les pathologies inhérentes au service dans lequel nous sommes.

Nous devenons gentiment aussi des partenaires des médecins: avec stupeur je me rends compte que les médecins-assistants nous écoutent, prennent en compte nos remarques.

Je me sens de plus en plus sûre de moi dans ce rôle professionnel.

J'aime le service dans lequel je travaille, j'apprécie mes collègues, j'apprends énormément avec elles, avec l'infirmière Cheffe, qui m'explique les pathologies que je ne connais pas encore très bien.

Mlle Valentin, infirmière-cheffe, est tout un roman à elle seule! petite, ronde, elle incarne l'autorité "à l'ancienne": gare à qui n'a pas fait correctement le lit au carré, avec le drap de dessous bien tendu! A cette époque, il y avait encore peu de drap-housses, et nous devions faire les lits "à la militaire".

Les duvets et les oreillers devaient avoir le côté ouvert tourné vers la fenêtre, afin qu'une harmonie règne quand nous entrons dans une chambre.

En ce temps-là, il y avait un mouvement d'économie dans toute la fonction publique de mon canton, et Mlle Valentin s'est battue bec et ongles afin que son service ne soit pas touché plus par ces mesures d'économie qu'elle avait déjà anticipées.

 

Les enseignements cliniques se suivent, se passent bien... Mon mémoire, que je dois présenter à la mi-semestre, se déroule moins bien et il n'est pas validé...

Argh!

Mais le réglement de mon école prévoyait que si le TD (travail de diplôme) n'était pas validé, il était possible de se présenter aux exemens finaux et de réussir, pour autant que nous ayons la moyenne à la pratique ET à l'oral.

 

Le jour de l'examen final, une grosse pression était sur mes épaules, du fait de cette condition. Pour autant, j'ai vite fait abstraction des deux examinatrices et j'ai vaqué à mon travail comme d'habitude. Le fait d'avoir croisé l'enseignante qui m'avait fait échouer l'an précédent à l'entrée de l'hôpital ce matin-là et qu'elle ne m'ait pas saluée m'avait aussi motivée à fond pour lui prouver que je "méritais" mon diplôme.

Ma matinée se passe, plutôt bien... À 10 heures, les deux examinatrices s'en vont, je reste un moment vidée sur une chaise du service... à ce moment arrive un médecin-assistant, qui sortait d'un colloque et il vient vers moi pour me faire la bise et me dire que "tout va bien, ne t'inquiète pas"...

j'étais très touchée par son geste :-)

L'après-midi, je passe l'oral, qui se révèle être une assez simple formalité.

 

Je me sens assez confiante pour aller faire quelques courses avant de recevoir les résultats, prévus à 16h.

je reviens, chargée et couverte de neige et je vois mes copines de classe toutes excitées et la Directrice qui m'attendaient! comme une de mes collègues était prise dans les embouteillages du fait de la neige, les résultats étaient donnés un peu plus vite aux deux autres élèves-infirmières...

Me voici donc, dégoulinante de neige (je n'ai jamais su mettre un capuchon correctement!) devant mes expertes qui me disent le plus grand bien, qui analysent ma matinée et mon oral... Elles se lèvent et me serrent la main... Interloquée, je leur demande si je peux quand même avoir mes notes :-)

Et mes notes me sont données... 6/6 à la pratique et 5,5/6 à l'oral...YEAH!!!!!!!!!!!!

 

 

diplome.jpg

 

 

 



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Mercredi 25 juillet 2012 3 25 /07 /Juil /2012 16:51

infimiere-vuepar

 

 

Audrey BREVET
Infirmière en réanimation, CHU de Grenoble

 

 

Concernant le dessin "vue par les médecins", merci à Médecin-Chef d'aujourd'hui qui

- n'a pas cru l'équipe infirmière quand elle a dit que M.F. avait une TA à 65/35, que c'était une erreur de brassard (oui, nous avons vérifié l'emplacement du brassard, changé de bras ET repris plusieurs TA pour être sûres des données que nous transmettions)

- pensait que si M.F. n'urinait pas, ce n'était pas à cause de la TA basse, mais parce que la sonde vésicale était bouchée et qu'il faisait un globe (et, étonnement, une fois le patient "rempli" et la TA plus haute, l'urine est venue, bien concentrée...)

- que nous nous affolions pour rien, parce que ce n'était pas possible que M.F. allait si mal... (non, mais après un bon remplissage, ordonné par l'assistant, le patient allait mieux, sa TA remontait et il urinait... )

 

A croire que Médecin-Chef n'a pas confiance en nos capacités d'observation, d'analyse et de réaction...

Dire que c'est lui qui m'a donné le certificat de spécialisation en Soins intensifs, Réa...

 


Par heidi70 - Publié dans : humour, dessins - Communauté : Infirmières !!!
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Jeudi 19 juillet 2012 4 19 /07 /Juil /2012 17:01

Qu'on se le dise!

 

pasgentille.jpg

 

Et je ne plaisante pas...

 

Je ne suis pas gentille, car je pique, je sonde, je serre des brassards, je mets des contentions, je donne des ordres...

Je ne suis pas gentille, car je pense que dès qu'il va mieux, il faut rendre au patient le plus important: sa dignité!

Je ne suis pas gentille, car j'ai travaillé un peu en rééducation, et du coup, j'encourage fortement le patient à se laver seul, avec aide, bien entendu

Je ne suis pas gentille, car je demande à ma patiente de se lever seule de son lit, alors qu'elle aurait tellement envie qu'on lui donne un coup de main pour mettre ses jambes en bas du lit... mais qu'elle arrive très bien à faire ce geste seule!

Je ne suis pas gentille, car je pose des limites très claires

Je ne suis pas gentille, car " non, on ne fume pas en chambre et non, on ne peut pas vous emmener fumer dehors, sachant qu'il faut une personne pour vous accompagner et que le service est plein... et même si vous promettez de revenir très vite, vous êtes dans un service de réanimation, et que notre responsabilité est engagée"

je ne suis pas gentille, car je ne fais pas les choses à la place de mon collègue, mais que je lui indique comment les faire et où trouver les papiers

Je ne suis pas gentille, car je n'aime pas materner, comme je n'aime pas être maternée

Je ne suis pas gentille, car j'estime que les patients ont besoin d'être traités en "être humains" et pas en terme de pathologie, diagnostic

 

Mais si le patient ne va pas bien, je le lave, je le rassure, je le rafraîchis. Quand je fais mes soins, je fais en sorte d'être le plus douce possible, pour ne pas ajouter de la souffrance à la douleur, de la peur à la frayeur...

 

Mais je ne suis pas gentille, je le répète.

 

Et quand ma patiente, aujourd'hui, m'a dit "Merci beaucoup, vous êtes très gentille", je l'ai regardé et lui ai dit "Non, je vous ai brusquée, je vous ai forcé à vous lever seule... c'est pas très gentil!" et là, elle m'a dit "Oui, mais c'était pour la bonne cause. Merci!"

 

*émue, quand même*

Par heidi70 - Publié dans : réflexions professionnelles - Communauté : Infirmières !!!
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