Si vous avez lu mes vieux souvenirs ( il y a 20 ans (2ème partie) ), vous avez vu que je n'ai pas réellement fait de stage en psychiatrie, mais dans un centre de neurologie.
Donc, je n'ai jamais vraiment approché de patient "psy"...
Ça ne m'a jamais manqué, je dois avouer... enfin... depuis que je travaille aux SI (soins intensifs), j'ai rencontré plus de patients estampillés "psy" que durant toute ma carrière précédente...
Ok, je me suis faite aux patients alcoolisés, aux patients ayant fait des tentamens (= tentatives de suicide), aux patients ayant un handicap mental...
Mais je suis très mal à l'aise avec les décompensations psychiatriques, avec les pathologies telles que "borderline", "schizophrène", "psychose paranoïde",...
Et voici que ce matin, en arrivant au travail, nous avions 6 patients ayant des problèmes psy (divers et variés) sur 7 ...
fichtre! diantre!
Bien... du coup, je me suis occupée d'un patiente souffrant d'une décompensation aiguë d'une schizophrénie schizo-affective. Bien entendu, elle n'est pas venue pour ces troubles psychiatriques dans notre service, mais pour une insuffisance rénale aiguë sur déshydratation due à cette pathologie (elle ne buvait, ni ne mangeait plus depuis quelques jours).
Nous avons eu un souci, car un des médicaments a provoqué une rétention urinaire et elle ne pouvait pas retourner au centre psychiatrique avec une sonde vésicale, ni avec une perfusion...
Du coup, nous avons enlevé la sonde vésicale et nous avons attendu toute la journée qu'elle urine...
De ce fait, je l'ai lavée, je l'ai levée et j'ai essayé toute la journée de la faire boire et manger...
Et là, nous avons eu des éclats de rire... elle dans son délire, moi, lui parlant, lui répondant, entrant un peu dans son jeu, tout en gardant en tête l'objectif de la faire boire (afin qu'elle urine) et de la faire manger (je n'ai pas suivi des cours sur la nutrition début octobre pour rien!).
A un moment donné, je suis arrivé vers elle en parlant avec un gros accent du terroire, elle m'a répondu sur le même ton et nous avons ri ensemble... Tellement ri qu'un de mes collègues est venu vers moi en me disant "Mais en fait, vous êtes soeurs!!!"
Je ne sais pas si j'ai eu les bons gestes, les bons mots, les regards...
Elle a alterné les moments de catatonie avec des moments de délire verbal, puis des discussions passionnées avec des personnes dans sa chambre qu'elle était la seule à voir, puis des mouvements stéréotypés, puis...
Bref, en 2 minutes, elle a passé du rire au mutisme, elle mangeait, puis parlait, puis refusait de manger, puis gardait la nourriture dans sa bouche, telle un hamster
Je suis nulle en psychiatrie, je ne sais pas si mes gestes et paroles ont été aidants pour sa pathologie psychiatrique, mais j'ai eu un réel plaisir à m'occuper d'elle...
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