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Samedi 29 décembre 2012 6 29 /12 /Déc /2012 13:59

Midi, heure de la pause...

Ma collègue et moi prenons le frais dehors, bavardons un peu beaucoup.

Un homme, la cinquantaine, arrive, se met sur le banc, tremble beaucoup en allumant sa cigarette. C'est un patient bien connu que nous avions aux SI pour alcoolémie aiguë sur alcoolémie chronique, transféré depuis dans un autre service.

Ma collègue lui tournant le dos, il me regarde, fouille dans son peignoir et sort deux pièces de 2.- francs.

Il les tend en ma direction et me dit "Vous pouvez aller me chercher un café, il y a du monde devant la machine!"

 

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*-*-*-*-*-*-*-*-*-*

 

 

 

Gardiennes du temple

 

Notre hôpital a une organisation "agression"... nous sommes dans une petite ville, il y a des "incivilités", mais en général, c'est relativement calme.

Nous étions 4 infirmières dans le service quand l'alarme agression retentit!

On regarde mal le panneau d'alarme et nous sommes 3 à nous diriger vers les Urgences (là où il y a le plus de risque d'agession). Là-bas nos collègues nous regardent et nous demandent ce qui se passe... elles ont aussi entendu l'alarme, mais sont occupées avec un patient instable.

Bref, nous sommes comme 3 bières (une blonde, une brune, une rousse), gabarit "modèle féminin standard" à nous diriger vers les escaliers centraux de l'hôpital.

Nous y croisons un médecin, bras ballants, qui nous regarde passer pendant que nous descendons à la réception (les copines des Urgences ont mieux regardé le panneau que nous et ont pu nous dire où nous diriger!)

La réceptionniste nous explique qu'un intrus, probablement aviné, jeune et bizarre a été repéré dans le service de gynécologie, errant, comme s'il cherchait quelque chose...

Nous remontons au 1er, le toubib, toujours le même, les bras aussi ballants que tout à l'heure, nous dit "Vous cherchez le jeune? il est monté au 2ème! "

Nous voici donc en train de monter au 2ème étage, faire le tour des services. Toutes les collègues ont vu ce gars bizarre avec un casque autour du cou et une veste verte, marchant d'un pas décidé vers...???

Bref, pas de gars au 2ème...

Le toubib  ayant trouvé un peu de courage? force? pitié pour nous? nous accompagne au 3ème et là... l'odeur assez forte (mélange entre alcool pur et crasse incrustée) nous prend au nez!  Il est aux WC du 3ème

Ma collègue toque à la porte, lui demande si tout va bien... il lui répond en anglais...

Je prends le relais (parlant un anglais très très très basique, mais suffisant dans cette situation!), il me dit que tout va bien...

Nous attendons qu'il ait fini ce qui devait vraiment presser et il sort enfin des WC. Je le raccompagne vers l'ascenseur et, lorsque que celui-ci arrive, je vois l'agent de sécurité dedans (!!!!!????), je propulse le jeune dans l'ascenseur en disant à l'agent de sécurité que c'est bien le citoyen recherché, qu'il cherche la gare et que ce serait gentil de le raccompagner dans la bonne direction...

 

 

 


Par heidi70 - Publié dans : souvenirs et anecdotes - Communauté : Infirmières !!!
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Mardi 11 décembre 2012 2 11 /12 /Déc /2012 16:36

Quand on est infirmière, il y a certaines choses qu'on peut faire et d'autres dont il vaut mieux s'abstenir...

 

- oublier une partie de sa féminité:

  • non, la blouse d'infirmière n'est pas sexy... surtout qu'actuellement, le 80% des mes collègues féminines portent casaque  et pantalon, et sous la casaque, un t-shirt... Bien doué (ou vicieux!) celui/celle qui trouve ceci sexy...
  • cheveux longs, tu les attacheras, cheveux courts bien brossés tu porteras (oui, j'ai des collègues, de superbes filles, qui arrivent à garder une coiffure belle, subtilement attachée et impeccable même après 12 heures de travail... je n'arrive même pas à les détester!) *
  • ongles jolis, bien vernis, avec même une french ou des parements tellement classes tu oublieras: l'hygiène hospitalière ne tolère ni vernis, ni faux ongles, ni auto-collant, ni... bref, courts et propres tu les garderas!
  • bracelets, longs colliers, bagues et boucles d'oreilles longues tu remiseras. Toujours une question d'hygiène hospitalière et de sécurité (du patient: les bagues, ça griffe! et de soi-même: une boucle d'oreille est si vite tirée... )

- faire preuve de modestie: tu suggères au médecin un traitement, un changement de médicament, un diagnostic (non, tu n'as pas fait de longues études, mais tu travailles depuis assez longtemps et tu as vu quelques "cas"  et tu sais faire des liens...) et c'est juste. c'est le médecin qui va récolter les lauriers de la part de ses chefs (oui, il y aura ensuite une sorte de connivence ensuite, mais...),; si ce n'est pas juste: c'est normal, tu n'es qu'infirmière...

 

- savoir se taire. Surtout si certaines décisions médicales te font grincer des dents, mais vois-tu, tu n'as pas tous les éléments... sauf que le patient et sa famille t'ont parlé, expliqué quelle est leur manière de voir l'avenir. Ah, mais si médecin-chef propose ceci, c'est qu'il a sûrement raison... oui, tu es porte-parole du patient, mais souvent  de temps en temps, tu te fais l'effet d'être en face de la Reine de pique: qu'on [te] coupe la tête!

 

- supporter sans broncher (enfin, presque) les remarques des gens que tu croises quand tu leur dis ta profession: "Oh! mais ça doit être dur!" "Mais quel courage, jamais je n'aurai pu faire ça!" "je n'aime pas le sang, je ne pourrais pas faire ce que tu fais!" ( hum... dur? allez parler avec un ouvrier de chantier! courage? bien sûr... moi je vous trouve courageux de rester derrière un bureau à taper lettres et rapport de compta, ou encore être devant un classe avec 25 enfants qu'il faut cadrer entourer et enseigner... (enfin, pour être honnête, ce n'est pas des instits que j'ai le plus entendu ce genre de phrases!), aimer le sang? ah oui, j'adore! du reste, le soir, devant la télé, mon mari boit une bière, moi une poche de sang, du AB+, svp!)

 

- supporter des journées durant cris et hurlements d'un patient en pleine psychose et entendre médecins (chefs), psychologues vous dire, avec un petit sourire, "Ah, je comprends que tu en aies assez, c'est insupportable!" et qui partent très vite dans leur bureau, très loin du service...

 

- baîllonner la/le collègue qui te dit "Ah, mais c'est calme ici!" -> tu sais que dans une demie-heure, ce sera l'horreur...

 

- baîllonner la/le collègue qui arrive pour la reprise du soir (ou du matin, qu'importe) et qui te dit "Quoi? mais c'est plein! vous n'avez pas pu faire de transfert?", corollaire: "Oh, mais c'est vide? vous n'aviez pas grand'chose alors?" (dans les deux cas: non, nous ne nous sommes pas tourné les pouces toute la journée/nuit! )

 

 

 

* je suis sûre que Sophie Awaad saurait "me" dessiner à côté d'une infirmière-poupée, mais si vous jetez à coup d'oeil sur son site, vous verrez à quoi je fais allusion! http://sophieawaad.blogspot.ch/ )

Par heidi70 - Publié dans : vis ma vie palpitante...
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Vendredi 30 novembre 2012 5 30 /11 /Nov /2012 15:11

Sachez-le, ici, c'est l'hiver...

La neige a envahi les champs, les arbres sont gelés et blancs... bref, ce sont les joies de la montagne (je vais faire rire les habitants des Alpes, mais si! le jura, c'est déjà la montagne!)

 

IMG_1153.JPG

 

Seulement, je me suis inscrite à un programme de coaching en ligne pour courir et je tiens à faire les 10 km de Lausanne dans un temps correct au printemps... Et ce matin, je me suis marrée, car j'ai lu leur lettre d'information hebdomadaire qui disait, entre autres, que courir dans le froid, c'était génial!

Gros doute de ma part, surtout étant encore sous ma couette, avec mes chats à côté de moi et regardant les arbres par la fenêtre d'un oeil dubitatif...

 

Finalement, après avoir vaqué à mes occupations ménagères peu intéressantes, mais indispensables, je me suis retrouvée habillée de pied en cap: pantalon de course moulant, pull longues manches thermique, avec une veste à capuche censée me protéger du froid... je me faisais l'effet d'une extra-terrestre, le teint verdâtre en moins!

 

Mon téléphone en poche, ma séance ayant été téléchargée, me voici partie pour 45 mn de course en alternance avec de la marche rapide...

Au départ, le froid m'a bien piqué les yeux! puis, en me concentrant sur la musique, la voix de William (c'est le petit nom que j'ai donné à mon coach) et les plaques de verglas sur le sol, j'ai parcouru envron 6 km à un rythme détendu, mais constant...

 

Très vite, j'ai oublié qu'il faisait froid... j'étais bien, dans le rythme, suivant les conseils pour ne pas aller trop vite... Un peu essoufflée de temps en temps, mais rien d'insurmontable.

 

Et de retour à la maison, j'ai bien profité de la douche et de la chaleur des feux de cheminée, mais en ayant une sensation de bien-être total...

 

Les endorphines ont fait leur effet! C'est en effet l'"hormone du bonheur", décrite comme proche des opiacés (morphine, opium) sécrété naturellement par le corps pendant le sport ou l'orgasme... d'après le site www.vulgaris-medical.comles endorphines participent à l'analgésie physiologique c'est-à-dire au système naturel destiné à lutter contre d'éventuelles douleurs apparaissant à l'intérieur de l'organisme et susceptibles de survenir. Elles agissent en se fixant sur les mêmes récepteurs membranaires des cellules nerveuses que la morphine. Le nom de peptides opioïdes qui leur a été donné provient de cette faculté analgésique à l'instar des enképhalines.
Autrement dit une endorphine serait l'équivalent d'une morphine naturelle sécrétée par le cerveau entre autres.

 

Et c'est vrai que faire du sport, c'est une drogue! Très douce, avec des risques de dépendance élevés, mais bénéfique pour la santé, à condition évidemment de ne pas tomber dans les excès et de se couper du monde pour assouvir sa passion du sport.

J'ai trouvé intéressant de lire, toujours sur le même site les effets recherchés et secondaires des endorphines, qui sont vraiment proches des effets des opiacés donnés dans le but de soulager les douleurs:

 

Les rôles des endorphines sont (liste non exhaustive) :

  • Diminution de la douleur.
  • Apparition du plaisir.
  • Déclenchement du rêve éveillé et effet hypnagogique (démarrage du sommeil).
  • Contrôle de la respiration.
  • Diminution du stress et de l'angoisse.
  • Modification des réponses immunitaires.
  • Modulation des réponses hormonales.
  • Accentuation de l'apparition de la tendance affective.
  • Exacerbation du sentiment d'euphorie.

Les effets secondaires liés aux endorphines sont :

  • Vertiges.
  • Nausées.
  • Vomissements.
  • Nervosité (rarement).
  • Maux de tête (rarement).
  • Démangeaisons (rarement).
  • Dépression (rarement).
  • Hypoglycémie (chute du taux des glucides dans le sang, rarement).
  • Confusion (rarement).

 

je vais quand même ajouter que malgré l'effet antalgique des endorphines, ma hanche se rappelle à mon (mauvais) souvenir, elle me fait légèrement mal, histoire de me dire: "Ma vieille, tu peux courir, profiter de la neige, du paysage, mais n'abuse pas!"

 

 

Par heidi70 - Publié dans : vis ma vie palpitante... - Communauté : Infirmières !!!
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Dimanche 18 novembre 2012 7 18 /11 /Nov /2012 16:45

Dans l'imaginaire de mes enfants, le travail de maman c'est boire des cafés, discuter avec les collègues, aller un peu dans les chambre des patients et de temps en temps préparer des médicaments...

Oui, ils sont venus passer chacun une journée à mon travail, avec moi... mais évidemment, ils n'ont pas vu l'aspect le moins sympathique, les soins les plus durs, etc.

 

Du coup, quand je reviens avec un bandage, des petites plaintes parce que j'ai mal, ils ont de la peine à réaliser que c'est lié à mon travail, qui est potentiellement "dangereux" !

 

Parce que l'hôpital est un endroit dangereux! si, si, si! :-)

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Comme je viens de me blesser, je me suis amusée de faire la liste des accidents/incidents de travail dont j'ai entendu parler ou qui me sont arrivés (je suis assez maladroite, il faut avouer!), je précise que c'est un recueil de données de 17 ans, sans ordre chronologique, ni de gravité...

 

 

  • plateau de petit déjeûner qui m'échappe des mains, café bouillant qui atterrit sur mes pieds
  •  plateau métallique mural qui m'échappe des mains et dont l'angle vif vient heurter mon ongle du gros orteil (même avec des chaussures fermées, c'est douloureux)
  • alerte réa à l'étage, je pars en portant le scope et en marchant vite. Mon collègue me rattrappe et court en direction des escaliers, j'accélère et... m'étale de tout mon long dans les couloirs!
  • objet situé en hauteur à prendre. Ma collègue grimpe sur une chaise (à roulettes), la chaise bouge, ma collègue chute -> entorse de la cheville
  • baignoire d'accouchement à nettoyer (c'est une baignoire assez grande et profonde): ma collègue femme de ménage se penche, perd l'équilibre -> contusions et hématomes un peu partout, surtout au visage.
  • Collègue va chercher l'appareil à ECG. Il ne voit pas qu'il y a un peu d'eau par terre, glisse, tombe -> fracture de la clavicule
  •  Patient ivre, agressif. Le médecin-chef va vers lui pour discuter et le calmer. Il reçoit pour toute réponse un coup de poing, ses lunettes se cassent -> depuis ce jour, nous avons le droit de "titrer" le Midazolam ( c'est-à-dire donner assez de calmant pour que les gens agressifs dorment)
  • patiente psychotique m'aggrippe le doigt. Fort. Ne veut plus me lacher-> entorse de l'index.

 

to be continued?

Par heidi70 - Publié dans : humour, dessins - Communauté : Infirmières !!!
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Lundi 12 novembre 2012 1 12 /11 /Nov /2012 16:53

Un membre de votre famille ne va pas bien, il vient d'avoir un accident, ou alors présente des douleurs à la poitrine et le médecin vous annonce qu'il part dans le service des Soins Intensifs ( NB: en Suisse, en Allemagne, aux USA, on parle de Soins intensifs, en France, le terme est réanimation.)

Vous vous inquiétez, le mot de l'unité de soins vous fait peur, car s'il est transféré dans ce service, c'est que "c'est grave".

Et voilà que vous vous demandez "Pourquoi aux Soins Intensifs? qu'est-ce qu'ils vont faire de plus que dans un service ordinaire? qu'est-ce qui change? est-ce que c'est la même chose que les urgences?"

 

Alors, vous vous précipitez à l'hôpital pour savoir, voir... (je ne saurai que trop vous conseiller de venir à allure modérée, en restant prudent sur la route et surtout, si possible, en étant conduit par une personne qui n'est pas aussi proche que vous du patient... )

 

Et voici que vous vous retrouvez devant une porte close, avec une sonnette.

Vous sonnez, vous attendez, vous sonnez à nouveau, vous trépignez...

Là, une infirmière ou une aide-soignante vient et vous explique que la sonnette n'est pas en panne, mais que si nous mettons du temps à vous répondre, ce n'est pas de la mauvaise volonté, mais parce qu'on est occupés...

Occupés à quoi?

A transférer votre mari/ami/père/ frère depuis le brancard des Urgences sur un lit d'hôpital, à mettre les électrodes sur lui, à brancher, le cas échéant, le respirateur à son tube, à faire quelques examens complémentaires.

 

Ensuite vient l'infirmière qui s'occupe de Gérard (vous permettez que je l'appelle Gérard?) et qui vous conduit dans son box.

Vous voilà donc entré dans l'unité. Vous entendez des bruits aigus, des gémissements, des bruits plus lancinants.

Vous regardez autour de vous: il y a des box avec un lit dedans, un patient dans le lit, certains lisent, d'autres regardent la télé. Il y a un bureau central avec des blouses blanches occupées, se hélant, se parlant.

Vous voyez un écran géant où il y a des tracés comme dans les films médicaux: c'est le "scope central" où tous les tracés des gens hospitalisés dans le service sont visibles.

 

Mais ce qui vous importe, c'est Gérard! alors, vous suivez l'infirmière qui vous amène vers lui.

Il est pâle, mais il respire seul. Vous voyez quand même, à côté de lui, une grosse machine: c'est le respirateur qui va suppléer à sa respiration s'il commence à moins bien ventiler, à être moins conscient.

Dans son box, vous voyez un écran avec plein de couleurs et de tracés: c'est le "scope" (ou moniteur, pour qui veut parler français)

moniteur-cardiaque-avec-les-signes-essentiels-thumb14059886.jpg

 

Ces chiffres vous paraissent mystérieux?

N'hésitez pas à demander aux soignants ce qu'ils signifient.

Là, par exemple, la ligne du haut indique le rythme cardiaque, Gérard a 60 pulsations à la minutes, avec un rythme cardiaque normal (les soignants travaillant dans ce milieu ont appris à reconnaître un tracé normal d'un tracé pathologique. Si vous voyez de "drôles de mouvements" sur le tracé et qu'il n'y a pas d'intervention de la part des soignants, ne vous inquiétez pas: il s'agit quasi systématiquement d'artéfacts, c'est à dire de mouvements parasites qui gênent la lecture du tracé... Si par contre le soignants viennent rapidement dans la chambre, c'est que le tracé indique des changements et Gérard doit être surveillé de plus près.

Peut-être, dans ce cas, on vous demandera de sortir du service. Très rapidement (aux yeux des soignants, hélas, le temps passe beaucoup plus lentement quand on est de la famille et qu'on attend), un médecin ou une infirmière viendra vous expliquer ce qui s'est passé.

Dans le carré au-dessous du 60 vous avez trois chiffres: 108 84 70. Il s'agit de la tension artérielle, prise en mmHg (en millimètres de mercure): Gérard a une tension de 108/70 (ou 10,8 / 7 si vous avez l'habitude de mesurer en cmHg) avec une tension moyenne de 84. Cette tension moyenne (qui est le fruit d'un calcul . 2x le chiffre du bas (tension diastolique) + le chiffre du haut (tension systolique) divisé par 3) est un indicateur précieux pour régler certains médicaments.

La ligne bleue avec le chiffre 98 est la saturation en oxygène de Gérard. Une petite pince est mise à un de ses doigts  et va mesurer en continu le taux d'oxygène dans son sang. Si ce chiffre baisse, Gérard va probablement recevoir de l'oxygène par des lunettes qui arrivent dans le nez ou par un masque.

Tout en bas, la ligne jaune indique la respiration et le nombre de mouvements respiratoires à la minute.

Plus loin, vous avez le chiffre 37,7, il s'agit de la température.  dans mon service, nous utilisons peu la température prise en continu, sauf si Gérard nécessite une surveillance accrue (fièvre, frissons, ...)

Gérard a aussi un tuyau qui sort de sa vessie: une sonde urinaire (ce n'est pas systématique, mais s'il vient d'être opéré ou s'il a des trop petites tensions, un moyen simple de surveiller le volume sanguin qui circule dans son corps est de mesurer en continu ce qu'il urine...

Pour mesurer son rythme cardiaque, Gérard a aussi des fils qui vont du scope aux électrodes posées sur sa poitrine.

 

Le rôle des soignants en unité de Soins Intensifs est de suppléer, d'aider, mais aussi d'anticiper les problèmes pouvant surgir, de surveiller les constantes et d'agir en fonction des changements qui surviennent.

 

Maintenant que l'infirmière vous a expliqué en quelques mots la technique qui entoure Gérard, vous pouvez vous asseoir, lui prendre la main ou l'embrasser. Ce n'est pas toute cette technologie qui doit être importanteà vos yeux, mais le fait qu'il soit là, ayant mal, un peu peur et surtout ayant besoin d'être entouré par les gens qu'il aime.

Par heidi70 - Publié dans : réflexions professionnelles - Communauté : Infirmières !!!
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