Voici un texte qui m'a touchée sur facebook, du coup je vous le partage.
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Voici un texte qui m'a touchée sur facebook, du coup je vous le partage.
Il y a un mois, j'ai vécu la journée la plus dense de ma vie!
Tout avait commencé d'une manière assez habituelle: votre nurse, la tête dans le pâté, amène tôt le matin (il devait au moins être 8h!) son chat pour le faire castrer. Sachant que son chat a le nom d'un ancien officier du KGB, je me disais qu'il y aurait sûrement des mesures de rétorsion...
Ca n'a pas manqué!
A peine rentrée chez moi, je me rends compte que ce brave chaton, qui devait être à jeûn, avait mangé une pleine gamelle de grains...
Miaouw! j'appelle la vétérinaire, en m'excusant platement, et celle-ci rigole au téléphone: elle avait remarqué le délit, vu qu'il venait de tout rendre...
Bon, je décille mes yeux avec une deux bon, ok... trois tasses de café et je pars chez le pétabosson pour changer de nom de familel! (pétabosson= officier d'état civil, la loi suisse ayant changé récemment, j'ai décidé de reprendre mon nom de jeune fille célibataire tout en restant au même statut marital).
Ceci fait, je rentre à toute berzingue (= à toute vitesse) chez moi pour aller saluer mon sauveur! Oui, c'était ce matin-là que venait le technicien pour installer une belle ligne internet à haute vitesse toute belle, toute neuve!
Il n'a passé "que" 2h30 à tout installer!
Après son départ, me voici en train de faire des aller-retour dans les escaliers pour installer le wi-fi partout chez moi (la configuration de mon chez-moi est assez particulière... j'ai 2 appartements à deux étages différents de mon immeuble, et nous utilisons les escaliers de l'immeuble passer d'un étage à l'autre)... mais je m'égare!
Je disais donc que je passais d'un étage à l'autre quand j'ai entendu une cavalcade dans les escaliers...
Deux jeunes hommes descendent à toute vitesse ...
Je les croise sur le palier intermédiaire, les laisse passer et réponds poliment au "Bonjour" d'un des deux gars...
Mais... enfin... je me dis que
1) je ne les connais pas (nous sommes un petit immeuble)
2) c'est bizarre qu'ils courent ainsi
3) c'est vraiment bizarre...
Du coup, comme mon instinct de concierge curieuse est le plus fort, je cours sur mon balcon et, là, je vois une voiture de gendarmerie en contre -bas... (Pourquoi?!?)
Je leur crie "Ils sont là-bas!!!"
Du coup, en regardant la terrasse de mes voisins, je vois un des gars sauter par-dessus la haie en faisant un rouler-bouler (à 2m70 du sol, bravo!) et partir en courant...
Je fais signe aux gendarmes qu'il est en train de faire le tour de l'immeuble. et quelques instants plus tard j'entends "pas un geste ou je tire!"
Je vois le jeune au sol, dans la neige, et un des gendarmes le tient en joue...
Je suis quasiment figurante dans un film américain là!!!
Après un gros moment, je réalise que ces deux personnes sont probablement venues "visiter" les appartements de mon immeuble et je vais voir mon sac à main, qui est toujours en place, et mon porte-monnaie qui n'a pas bougé...
Ouf... du coup, je continue à jouer les concierges curieuses et je monte tout en haut... les deux portes ont été forcées et entrebaillées..
outch!
En descendant je croise un des gendarmes, je discute un peu avec lui (vous dire à quel point je me suis sentie ridicule en pensant aux gestes excités que j'ai fait depuis mon balcon!!!) quand arrive ma voisine de tout en haut (dont l'appartement a été visité)... je discute avec elle, lui apporte un thé et essaye de mon mieux de la consoler... (ma mission n'a pas vraiment réussi!)
Et plus tard, en revenant de chez le vétérinaire (ben oui, fallait bien que j'aille chercher mon membre du KGB émasculé...) je croise à nouveau une voiture de police. L'officier discute avec moi en demandant si je suis Mme X. je lui réponds que non, que je suis la cinglée qui fait des signes de son balcon!
Il rigole et me dit "Ah! vous être Mme Y! félicitations pour vos réflexes"...
Certes, ça m'a fait plaisir, mais je dois avouer que je me serais bien passée de ces émotions...
Surtout que, 2 semaines plus tard, j'ai réalisé que j'avais aussi RDV ce jour-là pour mon IRM... ben, ça attendra encore un peu, hein!!!
Posons le décor: tisannerie (ou salle de thé, ou
coin-pause, ou...), 4 soignantes: 2 Suissesses et 2 Françaises.
A (suissesse): - Vous avez vu le centimètre?
B (française) : - le quoi???
A : le centimètre! j'en ai besoin pour mesurer le périmètre du mollet de mon patient
B. ?!?
C (suissesse, bilingue français-français): A cherche le ruban métrique...
B: - ah!!! il est au box 4, sur la paillasse!
A: - sur la quoi!?!?
B: - la paillasse
C (morte de rire): - il est sur le plan de travail à côté du lavabo!
NdT: ici, la paillasse ne s'emploie que dans le terme "lit de paille sur lequel doit se coucher un prisonnier"
c'est vrai, c'est une discipline de la médecine que j'aime bien, vraiment beaucoup...
Et j'ai souvent soigné des patients atteints de pathologies neurologiques, que ce soit d'épilepsie, d'AVC, de différentes pathologies dégénératives...
Voici donc, il y a peu, qu'arrive dans notre service Mme Simone. C'est une femme d'une cinquantaine d'années, qui a comme plainte principale une diminution de force des membres supérieurs.
En principe, pas de quoi la conduire aux soins intensifs, mais... la ponction lombaire de départ était pleine de protéines, elle souffre d'ataxie (mouvements incontrôlés et incontrolables) des bras et mains. En prenant en compte ses plaintes, la début des symptomes, les médecins pensent à une maladie de Guillain-Barré (une maladie neurologique réversible qui entraine une paralysie des muscles, pouvant aller jusqu'à l'arrêt respiratoire; après quelques temps, cette maladie régresse et permet une récupération de 80 à 100%)
Donc Mme Simone arrive chez nous, avec ce diagnostic et nous nous efforçons de lui rendre cette réalité le moins difficile possible.
Un jour, nous nous trouvons à deux pour la cocoler, une qui lui lave les cheveux, l'autre qui s'occupe de ses ongles des pieds... nous discutons, elle nous parle de sa peur, de sa colère contre cette maladie, qui est incompréhensible et qui a une manière particulière de se comporter.
Puis, nous devons lui attacher les mains, car elle se blesse en voulant juste toucher son menton, sa joue... les gestes sont de plus en plus violents, toujours incontrolables. Les lunettes giclent régulièrement par terre, par exemple.
Nous devons lui donner manger, à boire. Mme Simone a de la peine à accepter cet état de dépendance.
Il y a aussi un sous-diagnostic: cette dame a un passé d'alcoolique chronique. Du coup, comme présente des mouvements de plus en plus brusques, un changement de caractère, où elle devient agressive verbalement, certains de nos médecins pensent qu'elle doit être en deltrem (delirium tremens). Après 7 jours dans notre service, en étant sous fortes doses d'Anxiolyt? Mes collègues et moi ne sommes pas convaincues par ceci...
Les jours passent et son état ne s'améliore pas. Son mari, ses filles passent tous les jours, elle est entourée, les reconnaît, puis oublie qu'elles sont venues...
Elle commence à délirer, à voir des ombres, des personnes dans sa chambre...
Elle crie, elle se débat... sa famille est effondrée.
Quand je reviens après quelques jours de congé, elle est intubée... Un matin, elle était irréveillable, une gazométrie a montré qu'elle était en carbonarcose (un trop haut taux d'acide carbonique dans le sang, provoquant un "sommeil artificiel"). Mise sous respirateur, elle s'est améliorée au point de vue respiratoire.
Puis elle a commencé à avoir de la fièvre. sans explication: le scanner n'a montré aucun problème nulle part...
Me voici en vacances. Je ne sais pas ce que Mme Simone devient, mais... là... je crois que je n'aime plus la neurologie!
En effet, le diagnostic premier n'a pas été confirmé, même si les médecins pensaient à une forme rare et spécifique de ce Guillan-Barré, l'évolution est très particulière et... tout reste peu compréhensible.
Nuit calme... patients calmes...
tous? non, seul un jeune résiste au calme induit par la neige..
Un jeune homme, trouvé errant, ayant abusé de substances illicites et s'accrochant à son porte-monnaie tel un naufragé à sa bouée.
Deuxième nuit chez nous, attaché avec une ceinture abdominale.
5h du matin, il demande à aller aux WC. Il est mis sur une chaise percée, puis recouché une fois que ce qu'il devait faire a été fait.
Soudain, son scope s'affole... Mon collègue entre dans la chambre, le voit debout (comment a-t-il pu se détacher????) et ce jeune homme prend ses jambes à son cou!
Il est rattrapé, mon collègue négocie pour que M.Houdini (on va l'appeler ainsi, ok?) revienne en chambre...
Mais vif comme l'éclair, M.Houdini accèlère, passe par les urgences, réveillant au passages les collègues qui somnolaient enfin, et part dans la neige, pieds nus, en chemise d'hôpital déchirée, mais portant quand même le superbe slip-filet que je lui avais mis la veille!
Il a été rattrapé quelques 30 à 45 mn plus tard par la police, les orteils bien abîmés par le froid...
Mais... il a toujours conservé son porte-monnaie dans sa main!