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Vendredi 17 mai 2013 5 17 /05 /Mai /2013 12:41

 

Il y a quelques jours, j'ai eu l'occasion de passer une après-midi  la Centrale 144 de ma région.

Pour ceux qui ne le savent pas, le numéro des Urgences Santé en Suisse est le 144 ( 117 pour la Police et 118 pour les Pompiers).

Donc, me voici dans une centrale avec 3 postes de travail, un/e infirmier/ère ou ambulancier/ère au téléphone.

 

144.equipment.jpg

 

Le premier écran est un écran d'ordinateur "normal", sur lequel on trouve différents dossiers importants, tels que boîte mails (sur laquelle arrive les informations importantes tels que interruption de trafic, chemin fermé, manifestation prévue dans telle ou telle ville,...), un métronome (on verra plus tard pourquoi) , et d'autres dossiers...

 

Le deuxième écran sert à marquer les informations importantes lorsqu'un appel arrive: numéro de téléphone, adresse exacte, nom de la personne,... Le programme est en liaison avec les données téléphoniques, donc les numéros fixes permettent de situer l'appel. Les appels avec un téléphone mobile sont plus difficiles à localiser, dans ce cas, les régulateurs vont devoir être encore plus précis dans leurs questions.

 

Le troisième écran permet de voir où sont les ambulances et Smur des différents services, via leur localisation GPS  ou leur dernier appel, s'ils n'ont pas de géolocalisation intégrée. En fonction du lieu où est le patient, le régulateur va mobiliser l'ambulance la plus proche. Pour cela, un logiciel intégré permet de voir le nombre de km qui séparent le véhicule le plus proche du patient, mais une connaissance de la géographie locale est un plus: en effet, il y a eu un appel pour un lieu retiré, avec une ambulance à 20 km à vol d'oiseau, mais avec des routes bien moins bonnes que l'ambulance qui était à 25 km, mais avec des routes plus directes...

 

Le quatrième écran est consacré aux appels radio, pour les ambulances et Smur qui s'annoncent au départ, à l'arrivée et à la fin de leur intervention.

 

Comment se passe un appel?

Le téléphone sonne, avec un rappel lumineux rouge dans la salle. Le régulateur prend l'appel, et va poser des questions ciblées. Il est clair que pour la personne qui appelle, qui est paniquée et qui veut faire le mieux possible et le plus vite possible, ces questions ne semblent pas pertinentes, pourtant ça permet de situer le lieu, de pouvoir prévenir au plus vite l'ambulance la plus proche et aussi de trier la priorité de l'appel.

 

Qui appelle ?
• nom
• numéro de téléphone

Où est le blessé / malade ?
• lieu, adresse, étage, code entrée
• ou points de repères

Que se passe-t-il ?
• malaise ou accident
• description de l'événement
• nombre de blessés/malades
• âge,...

 

(crédit: http://www.sisl.ch/technique/144.htm )

 

Avec ces renseignements, le régulateur peut définir les priorités d'intervention et envoyer les ambulances avec les mots-clefs de la mission (par exemple: "AVP(=accident de la voie publique)auto-pylone 1 blessé incarcéré"; ou "malaise origine X en rue"  ou "convulsions fébrile, enfant 2 ans",...)

Il y a plusieurs stades de priorités:

 

P1

Départ immédiat avec engagement des moyens prioritaires car possible atteinte grave des fonctions vitales.


P2

Engagement sans délai, signaux prioritaires enclenchés si nécessaires à la progression, pour une intervention sans probabilité d'atteinte des fonctions vitales.


P3

Engagement sans signaux prioritaires sur demande programmée ou autorisant un délai.

 

(crédit: http://www.sisl.ch/technique/144.htm )

 

En fonction des mots-clefs ou d'un appel des ambulanciers sur site qui ont besoin d'un médecin, la centrale avertit le SMUR de la région avec les mêmes messages que plus haut.

 

En faisant cette après-midi d'observation, j'ai eu la possibilité d'assister à des interventions très diverses...

comme dit plus haut, il y a eu une intervention en milieu retiré: une chute en montagne, une blessure à la jambe: une ambulance a été dépêchée sur place, et lorsque la situation a été analysée sur place, les ambulanciers ont téléphoné à la centrale 144 pour avoir un secours en hélicoptère, car il leur était impossible de secourir cette personne sans hélitreuillage.


Il y a aussi eu des appels pour chute en rue, en ville ou pour un enfant blessé après une chute à rollers.

Puis il y a eu un appel qui a soudain mobilisé le régulateur et ses collègues: une personne a appelé pour son voisin qui a fait un malaise, la femme étant vers lui. M.X ne respirait plus, le régulateur a pris des renseignements et a fait commencer un massage cardiaque à l'épouse... Il a pris le métronome sur le premier écran et comptait en rythme afin que la personne faisant le massage puisse le faire en respectant un rythme "correct".

Comme le régulateur avait toujours le voisin au bout du fil, il l'a encouragé, rassuré en disant que les secours étaient en route...

Parce qu'en même temps qu'il a pris les renseignements, mis en route le métronome, il a aussi engagé ambulance et Smur, avisé ses collègues qui prenaient les autres appels et le soutenaient par gestes et signes de tête.

puis soulagement au bout du fil, l'ambulance arrivait. Fin de mission pour le régulateur.

 

La chaîne de secours en Suisse:

chaine secours

 

Cette chaîne est constituée par les cinq maillons de base que sont :

• l'aide d'urgence par les témoins
• l'appel d'urgence
• les premiers secours profanes
• les secours professionnels et le transport vers l'hôpital adéquat
• l'accueil et le traitement hospitalier

 

 

Une fois que les ambulanciers ont fini leur mission, ont rétabli leur véhicule, ils appellent la Centrale pour finir les transmissions: le régulateur donne les heures d'appel (du patient ou du témoin), l'heure de départ de l'ambulance, l'heure d'arrivée sur site, l'heure de départ du site et l'heure d'arrivée à l'hôpital. Si un Smur a été engagé, il sera rajouté les heures d'appel,de départ(s) et d'arrivée(s) du Smur.

En même temps, c'est un moment de dialogue entre le régulateur et l'ambulancier, qui va donner des nouvelles du patient, de ce qui s'est passé (si le temps le permet).

 

Le travail administratif n'est pas fini, car il faut encore imprimer la fiche avec les renseignements, puis la faxer au service de Smur qui a été engagé.


Il faut aussi compter sur les appels des infirmiers/ambulanciers smuristes qui ne trouvent pas la feuille, ou qui font modifier les heures de départ,...

 

Que dire de plus: ces 3 heures ont été bien remplies, intéressantes et avec un nombre élevé de téléphones, ce qui m'a permis de voir le stress qui peut être engendré par ce métier, mais aussi la bonne entente et collaboration entre régulateurs et ambulanciers.

 

 

Merci chaleureux à Déborah et à toute l'équipe qui m'a accueillie et a répondu à mes nombreuses questions!


Par heidi70 - Publié dans : vis ma vie palpitante... - Communauté : Infirmières !!!
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Vendredi 3 mai 2013 5 03 /05 /Mai /2013 20:01

 

Slideshow_1.jpg

Plantons le décor: début décembre, région périphérique de Suisse Romande.

Je suis de garde Smur (pour ceux qui n'ont pas tout suivi sur mon blog: je travaille aux soins Intensifs (=réa en France) comme infirmière spécialisée et j'ai le bip Smur sur moi quand je suis de garde, donc j'abandonne mon ou mes patient(s) à me collègues pour rejoindre ma petite voiture jaune et amener le médecin sur le site ) et c'est le premier jour de ma doctoresse ( concernant le "mon" et "ma" docteur/doctoresse, je vous renvoie à l'excellent article de DocAdrénaline JR & les croquettes, elle explique tout bien mieux que je ne pourrais le faire!).

On commence à travailler, chacune de notre côté, quand tout à coup "Bipbip-bipbip!" : le message sur le Bip nous dit "Inconscient sur accident, usine de biscuit, Villageagricole ". Course dans les couloirs de l'hôpital, nous nous retrouvons au vestiaire (charmant lieu pour faire connaissance, comme nous devons nous changer pour sortir nous échangeons prénoms et salutations en enfilant pantalons et chaussures de sécurité...)

Nous partons donc à une trentaine de kilomètres de notre base pour aller "sauver" une vie. Le médecin-chef en anesthésie est présent, il vient "coacher" Anna (la dite doctoresse, assistante interne en anesthésiologie) pour son premier jour.

En arrivant, spectacle un peu (mais pas trop ) navrant: le blessé respire tout seul, mais est insconscient. Il a probablement reçu une poutraison sur la tête. Intubé, ventilé  (à la main, nous n'avons pas de respirateur de transport dans notre véhicule) il est transporté par l'hélicoptère pour le CHU le plus proche.

Dans l'équipage de l'hélico, hasard qui fait bien les choses, une ancienne assistante d'anesthésiologie de chez nous, qui est maintenant à la GrandeVilleUniversitaire , coachée par SuperMédecinChefDHélico.

 

Retour à l'hôpital, dans la voiture nous débriefons un peu, papotons un peu aussi (mais pas trop, médecin-chef est là...)

 

Quelques heures passent, nous sommes à nouveau appelées, puis annulées.

 

Fin de journée, à nouveau un appel pour VillageAgricole (si si si! le même qu'en début de journée!), pour inconsciente, ACR, massage par son époux. Même village, même équipage.

Argh... ça ne sent pas très bon... On arrive, les ambulanciers sont déjà sur place, ils ont juste eu le temps de poser les patchs de défibrillation avant notre arrivée.

Le relais-massage cardiaque a été pris par les ambulanciers, je prépare les médicaments d'urgence, les ordres fusent, le scope montre une fibrillation ventriculaire ( pour ceux qui n'ont pas l'habitude, c'est pas très bon comme rythme...), la patiente est choquée (non pas surprise, mais elle reçoit un choc électrique pour relancer son coeur), les médicaments sont passés, elle est intubée... toujours massée, reprise d'un rythme finalement... combien de temps est-elle restée sans être massée efficacement? difficile à estimer, mais probablement le temps que les ambulanciers arrivent, l'époux n'étant pas très à l'aise avec ces gestes, malgré le "coaching" en temps réel de la centrale du 144 (numéro d'urgences médicales en Suisse, les régulateurs du 144 sont formés à guider ceux qui les appellent dans les gestes de réanimation).

Voici donc pour la deuxième fois de la journée l'hélicoptère de la GrandeVilleUniversitaire qui arrive, le même équipage, les mêmes personnes en face, le même village... la patiente est transférée au CHU, mais ne survivra pas à son arrêt cardiaque, hélas.

Les mois passent. Anna a de moins en moins de coaching, à part quand les médecins-chefs ont envie de sortir de l'hôpital.

Nous faisons des sorties intéressantes, sordides, rigolotes... bref, nous apprenons à nous connaîte, à travailler ensemble, nous formons une chouette équipe avec les ambulanciers...

 

Puis, après 17 mois passés parmi nous, voici Anna qui entame ses dernières gardes dans l'hôpital. A la fin du mois, elle partira pour le CHU pour perfectionner ses connaissances en anesthésiologie. Elle espère pouvoir bientôt rejoindre l'équipage de l'hélicoptère.

 

Dernière nuit de garde, par hasard, avec moi à nouveau. La veille, nous parlions Methergin (médicament à donner en cas d'hémorragie post-partum, c'est à dire juste après l'accouchement), nous rigolions (jaune) avec les sages-femmes de l'hôpital en s'instruisant des protocoles à suivre en cas de problèmes sur accouchement.

 

Puis, alors que je contrôlais ma voiture jaune bien-aimée, j'entends le dialogue radio entre le 144 et SiropFruité 23 (nom de code (fictif) des ambulances de ma région):

144: "SiropFuité23, vous êtes où? répondez

SF23: "Nous approchons du site, pourquoi, répondez"

144: " Faites au plus vite un bilan et regardez s'il faut médicaliser, qu'on vous envoie un Smur au plus vite; répondez"

SF23:" Bien compris"

...

...

...

Les minutes passent, sachant que SiropFruité23, c'est mon secteur, je reste proche du vestiaire. Je sens qu'on va vite être appelées pour une sortie.

 

SF23:" A 144, les douleurs abdominales sont importantes, saignements abondants, demandons refort médicalisé"

 

Je saute dans ma tenue, je dégaine clefs de voiture, ouvre la porte du garage.

Anna est tout de suite là aussi, on entre les données dans le GPS et on est parties pour la PetiteVille.

Anna m'explique qu'elle discutait avec une sage-femme quand le bip a sonné, la sage-femme lui racontait le téléphone d'une femme enceinte de 21 semaines qui avait des douleurs importantes, qui saignait et qui était seule à domicile.

Je lui raconte ce que j'ai entendu du dialogue radio et, pendant les 10 mn du trajet, ma doctoresse a pris contact avec la sage-femme, qui lui donne conseils et attitude à avoir.

Quand nous arrivons, la dame est sur le point d'être mise dans l'ambulance, je prépare les médicaments de la délivrance, je sors la Methergin (éh oui, souvenirs de la veille)  et nous partons pour l'hôpital... Malheureusement le bébé est arrivé, trop vite pour être viable.

 

Un peu groggies à l'arrivée, nous discutons du cas, du comment, du pourquoi... discussion vaine s'il en est, nous ne pouvions pas faire grand'chose...

 

Puis, nous nous resaurons un petit peu, un des médecins-chefs qui avait fait un apéro  nous avait laissé biscuits, viande séchée et autres fromages.

Et voici que le bip retentit à nouveau!

"Dyspnée à MoyenneVille"

Bon, nous nous changeons, nous partons, et...

 

Rue piétonne du centre-ville, l'ambulance est là, un homme d'une soixantaine d'années dans icelle.

Cet homme passe de l'agressivité aux larmes, de la douleur à la colère.

Difficile de faire une anamnèse.

Mais il se plaint de douleurs subites à la poitrine. Il a une foetor OH (une odeur d'alcoolisation) très prononcé, mais en même temps, ses mots sont précis...

Mais en même temps il ne veut pas avoir de perfusion, puis il pleure et nous dit que c'est pas nos affaires s'il a bu un verre, voire plus...

Et oui, il fume, mais il nous em... avec nos questions, de toute façon, il est assez grand pour faire ce qu'il veut!

Nous négocions la pose de voie veineuse, ouf, c'est fait!

Ma doc me regarde et me demande de faire un ECG 12 pistes (un peu comme à l'hôpital, même s'il est de moins bonne qualité)... oh oh oh!

Des ondes de Pardee qui se manifestent, cet homme est en train de faire un infarctus!

Le tracé de l'ECG est photographié, envoyé au CHU, ma doc prend contact avec le cardiologue du centre hospitalier Universitaire et la décision est prise, il faut l'emmener au CHU.

J'ai le temps de sortir de ma trousse de médicaments le nécessaire et voici doc, patient et ambulanciers partis pour le CHU.

Moi je suis tranquillement, en respectant les règles de la circulation civile... ici, le Smur n'ouvre pas la route aux ambulances, il les suit... et accélère si besoin est...

 

Arrivée au CHU, je vois le patient pris en charge par l'équipe de cardiologie, ma doctoresse fatiguée...

et nous rentrons à moyenneVille...

 

Dure première journée, dernière nuit pas évidente... et entre deux, une collaboration efficace et sympathique.

Tu vas me manquer, Anna!

Par heidi70 - Publié dans : souvenirs et anecdotes - Communauté : Infirmières !!!
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Dimanche 28 avril 2013 7 28 /04 /Avr /2013 10:35

J'aime bien mon téléphone intelligent (smartphone pour les irréductibles anglophiles!) et je trouve des applications très utiles et intéressantes...

Dans le domaine de la santé, il y a une nouveauté qui est juste géniale:

 

ECHO112

 

Echo_112_my_144.jpg

c'est une application qui permet d'appeler les secours directement, dans tous les pays du monde. Selon les pays, vous trouverez les numéros de secours tels que les pompiers, la police ou les urgences-santé, ou un numéro de secours unique.

Cette application a été developpée et utilisée en Suisse pendant 2 ans (sous le nom de "my144") et l'ayant testée après mon accident de ski, elle fonctionne vraiment bien, de manière simple et efficace!

Plus de renseignements sur le page de l'application, qui est conçue pour iPhone et Androïd : www.echo112.com

 

 MEDCAL

medcal.png

MedCal est une application qui n'est disponible que sur iPhone/iPad (à ma connaissance) qui regroupe des formules, scores et classifications médicales.

Elle permet de faire différents calaculs, tels que le trou anionique, le score de Ranson,...

On peut aussi faire des conversions d'unités (et pour moi qui travaille en mmol/l de glucose pour les glycémies, ça m'est bien utile quand j'ai des patients français qu viennent avec des g/dl!)

Lien vers iTunes

 

ANATOMIE VICTORINE

anatomie.jpg C'est un jeu sur l'anatomie humaine, qui passe des os aux différentes structures cardiaques et qui permet de réviser de manière ludique l'anatomie...

Lien vers iTunes

 

 

ACLS Simulator

ACLS.jpg Comme son nom l'indique, cette application est une simulation (en anglais) de réanimation... Il y a douze scénarios possibles, qui permettent d'affiner et de rafraîchir ses connaissances en matière de réanimation cardi-respiratoire.

Cette application s'adresse avant tout aux (futurs) professionnels de la santé.

Le plus? le temps est décompté, du coup, on se sent "comme dans la vraie vie"

Lien vers iTunes

 

 

Cette liste n'est évidemment pas exhaustive, mais ce sont des applications que j'utilise régulièrement. N'hésitez pas à m'en proposer d'autres!

Par heidi70 - Publié dans : réflexions professionnelles - Communauté : Infirmières !!!
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Lundi 22 avril 2013 1 22 /04 /Avr /2013 17:08

journée

Par heidi70 - Publié dans : humour, dessins - Communauté : Infirmières !!!
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Jeudi 18 avril 2013 4 18 /04 /Avr /2013 16:07

couteau_suisse.jpg

Que n'entendons-nous pas, nous autres soignant(e)s cette expression : "Mais quel beau métier vous faites!"

c'est vrai, on fait un chouette métier... si, si, si... malgré le nombre de fois où nous allons mettre/enlever le vase1 à un patient alité, et faire les soins basiques de nettoyage/lotionnage/préventionnage d'escarre; malgré la fatigue d'avoir à répéter mille douze fois :"Non, vous ne pouvez pas (encore) vous lever, votre coeur n'est pas assez en forme2, restez dans votre lit", malgré l'impuissance qui nous envahit quand nous ne savons plus quoi faire pour aider/soulager/encourager/désangoisser nos patients et/ou leur famille.

Mais notre métier ne s'arrête pas là!

Nous sommes aussi:

  • mécaniciennes (quand j'étais élève-infirmière au CHU, je passais mon temps sous les lits pour régler les problèmes mécaniques de ceux-ci... )

 

  • électriciennes (ça va de changer une ampoule à la lampe de chevet au réglage de tous les appareils lors des changements d'heure, en passant par trouver de toute urgence le bouton qui fait arrêter le biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiipppppppppp strident quand "on" a tiré trop fort la prise du lit et démonté tout le système électrique de la rampe)
  • femmes de ménage (ben oui, nous sommes là 24h/24 et quand il y a un départ la nuit, qui nettoie la chambre pour préparer l'arrivée du patient des urgences-qui-ne-peut-pas-attendre?)
  • cuisinières (bon, très basique la cuisine: mettre un yogourt sur un plateau, avec quelques biscottes, du beurre, de la confiture, un sachet de thé et un pot d'eau chaude)
  • secrétaires (mais rarement... on autonomise au maximum nos médecins-assistants afin qu'ils fassent leurs photocopies tous seuls!)
  • préparatrices en pharmacie (certaines préparations sont faites dans le service, mais là aussi, de moins en moins... dommage, j'aimais bien jouer à la petite chimiste!)
  • calculatrices scientifiques (et faut être réactives quand la cheffe de clinique donne des instructions en UI/h d'héparine alors que nous calculons d'habitude en UI/24h! )
  • animatrices de loisir (pour nos patients (trop) longtemps hospitalisés dans notre service, pas encore assez bien pour partir et trop bien pour se contenter de la télévision et des magazines déjà lus)
  • trieuses sélectives (le PET se met dans cette poubelle, le verre cassé ici et le verre à jeter là! mais le carton, n'oublie pas, il va dans le petit local!)
  • costumières ( certains patients ont eu leurs habits déchirés lors de leur arrivée, ou immettables en l'état... genre sales de terre, d'au stagnantes, ou de liquides biologiques divers et variés . On a un réduit, quelque part dans l'hôpital, avec des affaires à prêter au cas où... ) 3

 

  • manutentionnaire (souvent c'est le week-end quand on s'aperçoit qu'il manque du matériel ou que la décision est prise de faire une hémodiafiltration4, du coup, nous devons partir dans les labyrinthes du sous-sol chercher le matériel indispensable

 

sans oublier bien entendu les autres fonctions de l'infirmière!

 

1) vase= bassin pour faire ses besoins

2) à remplacer aussi par "vous avez encore trop d'alcool, de médicaments dans votre sang"

3) du reste, je me demande quel est le pourcentage de retour des vêtements prêtés...

4) hémodiafiltration= épuration rénale mise en continu, demandant une machine et du matériel très spécifiques

Par heidi70 - Publié dans : souvenirs et anecdotes - Communauté : Infirmières !!!
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